|

Nous vous invitons à une balade au bord de la Méditerranée,
en parcourant le sentier du littoral (dit "sentier des douaniers") à
la recherche de plantes grasses naturalisées.
Depuis le port de plaisance de Saint-Raphaël jusqu'à la pointe du Dramont,
visible à l'horizon, s'étendent plusieurs kilomètres de calanques et de
petites plages de toute beauté.


Le relief est constitué par une très grande variété de
roches très colorées, dont l'origine remonte à l'ère primaire. Le massif de
l'Estérel s'est formé grâce à des volcans, éteints depuis des centaines de
millions d'années. L'érosion et les mouvements tectoniques ont déchiqueté et
basculé les anciennes coulées de lave.


Il suffit de faire quelques pas pour que le paysage change...


Certaines plantes succulentes ont entrepris de coloniser ce territoire
d'adoption et s'y développent très bien. Sur cette première station, nous
observons deux espèces d'Agave et une d'Opuntia :

Au premier plan, des Agave picta.
Cette variété très répandue sur les côtes méditerranéennes est souvent
confondue avec Agave americana var. marginata. Il y a de nombreuses petites
différences entre les deux, bien que les deux plantes possèdent des feuilles
bordées de jaune.
|
Critères
|
var. marginata
|
picta |
| Aiguillon terminal |
Court |
Long |
| Centre de la feuille |
Glauque (gris-vert) |
Vert |
| Aiguillons latéraux |
Peu nombreux |
Très nombreux |
| Croissance |
Moyenne |
Très rapide |
| Feuilles |
Raides |
Plus souples |
| Rusticité |
-10°C |
-7°C |
Grâce à sa croissance plus rapide, Agave picta produit plus vite des rejetons
et a ainsi été répandu plus facilement
par la main de l'homme. Du fait de sa meilleure résistance au froid, Agave
americana var.marginata se rencontre plus à l'intérieur des terres, sur des
terrains où l'autre variété ne peut se développer durablement.

Opuntia rastrera est une espèce rampante très
vigoureuse. Elle produit des fleurs jaunes au mois de mai. On la rencontre
assez fréquemment dans le Midi, car elle résiste facilement à -10°C. Ce
massif dépasse allègrement les 3 mètres de largeur et représente un
obstacle infranchissable !

Agave mapisaga est une espèce proche de la
très commune Agave americana, mais on la rencontre rarement dans la nature.
Son développement et sa propension à produire des rejetons sont similaires
à Agave americana. Elle s'en distingue toutefois par des feuilles plus
étroites, de couleur vert-gris.

Un peu plus loin, nous tombons sur un bel
alignement d'Agave picta. Malheureusement, pour des raisons de sécurité des
passants, toutes les feuilles ont été amputées de leurs pointes.

Nous voici arrivés sur la plage de Boulouris.
Les Agave salmiana (au premier plan) et americana (au fond) sont
complètement naturalisés. Compte tenu de la largeur de l'endroit, les agaves
n'ont pas été taillés. Ils donnent un charme tout particulier à cette
plage.
Agave salmiana est considéré comme le plus gros de tous les agaves. Il peut atteindre des
dimensions gigantesques, de l'ordre de 3 mètres de hauteur, pour une masse de
plusieurs tonnes. Chaque feuille peut peser jusqu'à 25 Kg. Cette espèce
produit la plus grande fleur du monde végétal : la hampe peut mesurer près
de 8 mètres de hauteur ! Cependant, sa hauteur couramment constatée est
plutôt de 5 à 6 mètres, ce qui n'est déjà pas si mal !
Nous quittons la "plage des agaves"
avec un certain regret. Un coup d'oeil en arrière nous permet d'apprécier la
longueur du chemin parcouru. Le port de Saint-Raphaël n'est plus visible.

Le relief devient plus escarpé sur cette
partie du littoral et ne présente pas de végétation succulente
particulière.

Le sol rocheux ne se prête pas au
développement des plantes, mais ce Drosanthemum floribundum de la famille des
Mésembryanthémacées a réussi à pousser dans les joints d'un mur. Dans de
bonnes conditions, cette espèce forme des tapis couvre-sol impénétrables et
produit une profusion de petites fleurs violettes.

La concurrence est rude. " Pousse-toi de
là que je m'y mette ! " semble dire cet Agave picta aux arbustes et aux
Opuntia stricta. Il y a déjà un perdant : le pin d'Alep est mort de soif.

Changement de décor complet avec cette calanque sauvage peuplée de plantes halophiles (adaptées au sel).
Le Cap Dramont, destination finale de notre randonnée, se dessine à l'horizon.
SUITE...
|