Le but de ce chapître est de vous expliquer tous les secrets de la culture des
Cactées et autres succulentes. Si vous êtes débutant, prenez connaissance
auparavant de notre notice de culture simplifiée pour
acquérir les règles de base.
Sommaire :
- Le substrat
- Les pots et le rempotage
- L'exposition
- Les arrosages
- Les engrais
- Les maladies
- Les parasites
- Les plantations en pleine terre
4 - LES ARROSAGES
Les questions concernant l'arrosage des plantes succulentes sont les plus fréquentes
et les plus complexes. Si la période de
végétation d'un genre donné est assez facile à déterminer, il est en revanche plus
difficile de donner précisément des quantités d'eau et des intervalles entre les
arrosages. Les plantes sont des êtres vivants. Pour bien les arroser, il faut les
"sentir", les observer. Avec l'expérience, il devient très facile de
déterminer à partir de quel moment on peut arroser un cactus.
Certes, au début, les pertes peuvent être nombreuses (tous les débutants vous le diront !). Il faut savoir
que la plupart du temps, celles-ci sont dues à un excès d'eau. Trop d'eau provoque
l'asphyxie des racines, puis leur pourriture, s'étendant en général à toute la plante.
La qualité du substrat, capable de contenir beaucoup d'air et pas trop d'eau, est donc
essentielle.
Le bon truc consiste à toujours bien laisser sécher les Cactées entre deux arrosages. Au moment de
l'arrosage, la motte doit être complètement sèche sur plusieurs cm de
profondeur, sauf en plein été, où
elle peut receler des traces d'humidité, mais il est toujours plus sûr
d'attendre que tout soit sec. Certaines plantes sont plus gourmandes en eau
- Crassulacées, Liliacées, etc. - mais peuvent s'accommoder de la même fréquence que
les Cactées si vous en possédez dans votre collection : il suffit d'augmenter la
quantité d'eau pour ces variétés ou bien d'utiliser un substrat plus riche en
terreau. En ce qui concerne la quantité d'eau à apporter, celle-ci doit
permettre de bien mouiller la terre dans tout le pot pour 2 ou 3 jours au
minimum. Si vous ne mettez que quelques gouttes, la plante ne pourra pas
en profiter. D'autre part, les petits pots sèchent beaucoup plus vite que les
grands. Plus les pots sont grands, plus il faudra d'eau pour bien les arroser
et moins souvent on les arrosera. La manière la plus logique de procéder est
donc de regrouper les plantes en fonction
de leurs besoins en eau et de leur taille. C'est beaucoup de travail, mais cela permet d'éviter par la suite toute
erreur d'arrosage. Si vous arrangez votre collection d'une manière simplement
esthétique, en mélangeant petits pots et grands pots, en alternant Cactées
et plantes grasses, il vous faudra beaucoup d'attention lors des arrosages !
Une plante ordinaire, privée d'eau, vous prévient qu'elle a soif en se ramollissant. Le phénomène est beaucoup
moins visible chez les succulentes, mais existe. La structure "en soufflet" des
Cactées, absorbe sans dommage les importantes variations de volume de la plante, qui se
gonfle à chaque arrosage, et se dégonfle à chaque période de sécheresse. Il faut cependant se montrer prudent avec une plante qui était au repos, ou qui était restée longtemps
dans le même pot. Pour une plante endormie, aux tissus endurcis, un arrosage trop
excessif, associé à un changement de pH consécutif au renouvellement de la
terre, peut faire éclater les côtes de la plante.
Eclatement visible sur un Ferocactus flavovirens.
En dehors de l'excès d'eau, une autre cause de perte par pourriture est l'arrosage à contre-saison. Les Cactées poussent et s'arrosent
du printemps à l'automne, les pluies dans leurs pays d'origine intervenant en
saison chaude. Il est à noter que les espèces sud-américaines se sont
parfaitement adaptées à nos latitudes, et qu'elles ont le même cycle de végétation
que les nord-américaines, à quelques exceptions près comme certains Eriosyce
et Copiapoa qui poussent en hiver. Si vous gardez vos cactus dans un appartement normalement
chauffé, vous pouvez les arroser une fois par mois en hiver, sinon gardez les au
frais et au sec pendant les 3 ou 4 mois les plus froids, pour respecter leur
cycle naturel.
Les autres plantes succulentes, appartenant à différentes familles, ont des périodes de croissance plus
diverses. Les espèces gardent en principe leur cycle basé sur les saisons de pluie de
leurs régions d'origine : quand il pleut,
elles se mettent à pousser et à fleurir. Certaines plantes de l'extrême
ouest de l'Afrique du Sud et de Namibie peuvent donc se mettre en repos en été
parce que dans cette zone les étés sont chauds et secs. Les plantes de cette
catégorie poussent surtout en automne et en hiver, à condition de les
chauffer un peu plus que les plantes qui sont en repos hivernal. Quelques exemples:
les
Tylecodon, les Pelargonium perdent leur feuilles en été. Les Cheiridopsis,
les Fenestraria, beaucoup d'Euphorbia, fleurissent en plein hiver.
Les plantes des Iles Canaries se comportent de la même manière : en juillet-août, les
rosettes des Aeonium sont refermées, les Senecio kleinia perdent leur
feuilles.
D'autres espèces suivent à peu près le même rythme que les Cactées : les agaves, les Broméliacées, les
Cyphostemma (Afrique du Sud et Namibie) qui poussent de mai à novembre.
Les Echeveria, Pachyphytum et Sedum, bien qu'originaires du Mexique, montrent
aussi des signes évidents de croissance et de floraison en hiver, mais on ne peut pas dire pour autant qu'ils
arrêtent de pousser en été, sauf s'il fait excessivement chaud. Ces plantes
peuvent donc être arrosées toute l'année si le temps le permet. Les plantes originaires du sud de
la province du Cap, comme les Crassula ou les Gasteria, habituées à des
pluies régulières, appartiennent aussi à cette catégorie, ainsi que les Kalanchoe
de Madagascar,
La fréquence d'arrosage dépend de la période de l'année et de l'endroit
où on cultive les plantes. A l'intérieur, les pots sèchent beaucoup plus
lentement qu'en plein air, sauf grosses pluies évidemment. A l'extérieur, les
cactus peuvent rester mouillés beaucoup plus longtemps qu'en milieu fermé sans
présenter de pourriture. Les courants d'air et les températures plus basses
qu'en serre expliquent ce phénomène. Les fréquences suivantes peuvent être
modulées en fonction de votre climat :
- Dans la maison : une fois par mois suffit en général.
- Dans la véranda ou la serre : une fois par mois en hiver si la température
est supérieure à 15°. Si vous ne chauffez pas, n’arrosez pas les cactus
pendant tout l’hiver, donnez un peu d’eau aux plantes grasses à feuilles
une fois par mois. Au printemps : une fois tous les 10 jours. En été :
une fois par semaine, sauf plantes en repos estival (à garder au sec et si
possible dans un lieu frais et ombragé, par exemple sous un arbre). En
automne une fois tous les 15 jours.
- A l’extérieur : au printemps, arrosez une fois par semaine si le
temps est sec. Arrosez une ou deux fois par semaine en été. En automne,
pensez à abriter les plantes de la pluie, abondante en cette saison, avant de
les rentrer. Ne rentrez pas dans un garage ou une cave les plantes trempées,
elles mettraient énormément de temps à sécher et pourraient moisir en
hiver ! Les plantes qui passent l’hiver dehors pour des raisons
d'encombrement ne devront pas reposer dans des soucoupes ou des flaques d’eau, et leurs pots
devront être bien drainés pour éviter la pourriture.
En suivant nos conseils d'arrosage genre par genre, vous ne devriez pas rencontrer de problème.
Restez toujours attentif au comportement des plantes. Par exemple, si vous voyez
que les feuilles jaunissent et tombent, que les rosettes se referment, arrêtez
les arrosages. Si vous voyez qu'un Lithops (plante-caillou) est bien rebondi,
n'arrosez pas, attendez qu'il soit un peu ridé pour cela.
Mais au fait, avec quelle eau pouvons-nous arroser nos plantes ?
La qualité de l'eau est un facteur non négligeable dans la réussite de la culture des
cactus. On l'a vu plus haut, la quasi totalité des espèces préfère un pH de sol légèrement
acide (6 à 6,5), or l'eau du robinet est souvent chargée en bicarbonates, sulfates et
chlorures, ce qui lui confère un pH basique. Les arrosages avec une eau de ce
type apportent trop de sels nocifs pour les cactus et modifient assez rapidement le pH du
sol. La croissance finit par en être nettement ralentie. On peut se permettre d'utiliser une eau dont le pH
est égal ou supérieur à 7 (c'est à dire neutre ou basique), à la condition que sa
minéralisation en sels nocifs pour les végétaux ne soit pas trop importante. Selon la
quantité de plantes à entretenir, on pourra préférer soit de l'eau de source, soit de
l'eau de pluie ou de l'eau déminéralisée coupée avec de l'eau de ville, soit de l'eau
produite avec un adoucisseur domestique de dernière génération (osmose
inverse), soit de l'eau de ville si elle n'est pas trop dure. Attention aux
adoucisseurs classiques, qui échangent les ions calcium par des ion sodium,
aussi toxiques les uns que les autres pour les plantes ! Si l'eau de ville
est très dure, vous pouvez la traiter de la façon suivante :
Pour éliminer le chlore, il suffit de laisser l'eau s'aérer un jour ou deux
dans un bac. Les bicarbonates, très nocifs
pour les plantes, peuvent être en grande partie éliminés par une modeste adjonction
d'acide. Attention, les acides chlorhydriques et sulfuriques ne doivent jamais
être employés. D'un point de vue nutritif, le meilleur acide est le nitrique
car la réaction produit un engrais azoté très utile: le
nitrate de calcium. L'opération est toutefois délicate, il est impossible de
conseiller un dosage précis. Seul un laboratoire d'analyse pourra vous
conseiller sur la quantité d'acide à apporter pour faire descendre le pH au
niveau souhaité. A défaut, procédez impérativement à un contrôle du pH avec un papier réactif ou un
pH-mètre. Un ordre de grandeur: 1 à 3 cm3 d'acide à
58% pour 10 L d'eau, en fonction des propriétés exactes de votre eau. L'acide nitrique étant
très dangereux à manipuler et de toute façon impossible à trouver dans le
commerce de détail, il est conseillé de le
remplacer par de l'acide phosphorique, en augmentant le dosage
jusqu'à obtenir le pH souhaitable. La différence de croissance entre des plantes
arrosées avec de l'eau acidifée et d'autres arrosées avec de l'eau calcaire
est
spectaculaire sur le long terme, car l'acidification empêche la chlorose et
permet une parfaite assimilation des engrais. Si vous ne pouvez pas acidifier
votre eau calcaire, vous pouvez aussi changer régulièrement la terre avec de
bons résultats.
Pour finir, méfiez-vous des brusques changements de temps: si la météo annonce de la pluie,
n'arrosez pas. La terre risquerait de rester mouillée trop longtemps et de faire pourrir
les racines de vos plantes.
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