Guide de culture

Le but de cette série d'articles est de vous expliquer tous les secrets de la culture des Cactées et autres succulentes. Si vous êtes débutant, prenez connaissance auparavant de notre notice de culture simplifiée pour acquérir les règles de base.
  1. Le substrat
  2. Les pots et le rempotage
  3. L'exposition
  4. Les arrosages
  5. Les engrais
  6. Les maladies
  7. Les parasites
  8. Les plantations en pleine terre

4 - LES ARROSAGES

Les questions concernant l'arrosage des plantes succulentes sont les plus fréquentes et les plus complexes. Si la période de végétation d'un genre donné est assez facile à déterminer, il est en revanche plus difficile de donner précisément des quantités d'eau et des intervalles entre les arrosages. Les plantes sont des êtres vivants. Pour bien les arroser, il faut les "sentir", les observer. Avec l'expérience, il devient très facile de déterminer à partir de quel moment on peut arroser un cactus.

Certes, au début, les pertes peuvent être nombreuses (tous les débutants vous le diront !). Il faut savoir que la plupart du temps, celles-ci sont dues à un excès d'eau. Trop d'eau provoque l'asphyxie des racines, puis leur pourriture, s'étendant en général à toute la plante. La qualité du substrat, capable de contenir beaucoup d'air et pas trop d'eau, est donc essentielle.

Le bon truc consiste à toujours bien laisser sécher les Cactées entre deux arrosages. Au moment de l'arrosage, la motte doit être complètement sèche sur plusieurs cm de profondeur, sauf en plein été, où elle peut receler des traces d'humidité, mais il est toujours plus sûr d'attendre que tout soit sec. Certaines plantes sont plus gourmandes en eau - Crassulacées, Liliacées, etc. - mais peuvent s'accommoder de la même fréquence que les Cactées si vous en possédez dans votre collection : il suffit d'augmenter la quantité d'eau pour ces variétés ou bien d'utiliser un substrat plus riche en terreau, qui restera humide plus longtemps. En ce qui concerne la quantité d'eau à apporter, celle-ci doit permettre de bien mouiller la terre dans tout le pot pour 2 ou 3 jours au minimum. Si vous ne mettez que quelques gouttes, la plante ne pourra pas en profiter. D'autre part, les petits pots sèchent beaucoup plus vite que les grands. Plus les pots sont grands, plus il faudra d'eau pour bien les arroser et moins souvent on les arrosera. La manière la plus logique de procéder est donc de regrouper les plantes en fonction de leurs besoins en eau et de leur taille. C'est beaucoup de travail, mais cela permet d'éviter par la suite toute erreur d'arrosage. Si vous arrangez votre collection d'une manière simplement esthétique, en mélangeant petits pots et grands pots, en alternant Cactées et plantes grasses, il vous faudra beaucoup d'attention lors des arrosages !

Une plante ordinaire, privée d'eau, vous prévient qu'elle a soif en se ramollissant. Le phénomène est beaucoup moins visible chez les succulentes, mais existe. La structure "en soufflet" des Cactées, absorbe sans dommage les importantes variations de volume de la plante, qui se gonfle à chaque arrosage, et se dégonfle à chaque période de sécheresse. Il faut cependant se montrer prudent avec une plante qui était au repos, ou qui était restée longtemps dans le même pot. Pour une plante endormie, aux tissus endurcis, un arrosage trop excessif, associé à un changement de pH consécutif au renouvellement de la terre, peut faire éclater les côtes de la plante.

Eclatement visible sur un Ferocactus flavovirens
Eclatement visible sur un Ferocactus flavovirens.

En dehors de l'excès d'eau, une autre cause de perte par pourriture est l'arrosage à contre-saison. Les Cactées poussent et s'arrosent du printemps à l'automne, les pluies dans leurs pays d'origine intervenant en saison chaude. Il est à noter que les espèces sud-américaines se sont parfaitement adaptées à nos latitudes, et qu'elles ont le même cycle de végétation que les nord-américaines, à quelques exceptions près comme certains Eriosyce et Copiapoa qui poussent en hiver. Si vous gardez vos cactus dans un appartement normalement chauffé, vous pouvez les arroser une fois par mois en hiver, sinon gardez les au frais et au sec pendant les 3 ou 4 mois les plus froids, pour respecter leur cycle naturel.

Les autres plantes succulentes, appartenant à différentes familles, ont des périodes de croissance plus diverses. Les espèces gardent en principe leur cycle basé sur les saisons de pluie de leurs régions d'origine : quand il pleut, elles se mettent à pousser et à fleurir. Certaines plantes de l'extrême ouest de l'Afrique du Sud et de Namibie peuvent donc se mettre en repos en été parce que dans cette zone les étés sont chauds et secs. Les plantes de cette catégorie poussent surtout en automne et en hiver, à condition de les chauffer un peu plus que les plantes qui sont en repos hivernal. Quelques exemples:  les Tylecodon, les Pelargonium perdent leur feuilles en été. Les Cheiridopsis, les Fenestraria, beaucoup d'Euphorbia, fleurissent en plein hiver. Les plantes des Iles Canaries se comportent de la même manière : en juillet-août, les rosettes des Aeonium sont refermées, les Senecio kleinia perdent leur feuilles. En automne, leur croissance redémarre spectaculairement.

D'autres espèces suivent à peu près le même rythme que les Cactées : les agaves, les Broméliacées, les Cyphostemma (Afrique du Sud et Namibie) qui poussent de mai à novembre.

Les Echeveria, Pachyphytum et Sedum, bien qu'originaires du Mexique, montrent aussi des signes évidents de croissance et de floraison en hiver, mais on ne peut pas dire pour autant qu'ils arrêtent de pousser en été, sauf s'il fait excessivement chaud. Ces plantes peuvent donc être arrosées toute l'année si le temps le permet. Les plantes originaires du sud de la province du Cap, comme les Crassula ou les Gasteria, habituées à des pluies régulières, appartiennent aussi à cette catégorie, ainsi que les Kalanchoe de Madagascar, 

La fréquence d'arrosage dépend de la période de l'année et de l'endroit où on cultive les plantes. A l'intérieur, les pots sèchent beaucoup plus lentement qu'en plein air, sauf grosses pluies évidemment. A l'extérieur, les cactus peuvent rester mouillés beaucoup plus longtemps qu'en milieu fermé sans présenter de pourriture. Les courants d'air et les températures plus basses qu'en serre expliquent ce phénomène. Les fréquences suivantes peuvent être modulées en fonction de votre climat :

En suivant nos conseils d'arrosage genre par genre, vous ne devriez pas rencontrer de problème. Restez toujours attentif au comportement des plantes. Par exemple, si vous voyez que les feuilles jaunissent et tombent, que les rosettes se referment, arrêtez les arrosages. Si vous voyez qu'un Lithops (plante-caillou) est bien rebondi, n'arrosez pas, attendez qu'il soit un peu ridé pour cela.

Mais au fait, avec quelle eau pouvons-nous arroser nos plantes ?

La qualité de l'eau est un facteur non négligeable dans la réussite de la culture des cactus. On l'a vu plus haut, la quasi totalité des espèces préfère un pH de sol légèrement acide (6 à 6,5), or l'eau du robinet est souvent chargée en bicarbonates et en sulfates, ce qui lui confère un pH basique. Les arrosages avec une eau de ce type apportent trop de sels nocifs pour les cactus et modifient assez rapidement le pH du sol. La croissance finit par en être nettement ralentie. On peut se permettre d'utiliser une eau dont le pH est égal ou supérieur à 7 (c'est à dire neutre ou basique), à la condition que sa minéralisation en sels nocifs pour les végétaux (bicarbonates, chlorures, sodium) ne soit pas trop importante. Selon la quantité de plantes à entretenir, on pourra préférer soit de l'eau de source, soit de l'eau de pluie ou de l'eau déminéralisée coupée avec de l'eau de ville, soit de l'eau produite avec un adoucisseur domestique de dernière génération (osmose inverse), soit de l'eau de ville si elle n'est pas trop dure. Attention aux adoucisseurs classiques, qui échangent les ions calcium par des ions sodium, très toxiques pour les plantes ! Si l'eau de ville est  très dure, vous pouvez la traiter de la façon suivante :

Pour éliminer le chlore, il suffit de laisser l'eau s'aérer un jour ou deux dans un bac. Les bicarbonates, très nocifs pour les plantes, peuvent être en grande partie éliminés par une modeste adjonction d'acide. Attention, l'acide chlorhydrique ne doit jamais être employé. D'un point de vue nutritif, le meilleur acide est l'acide nitrique car la réaction produit un engrais azoté très utile: le nitrate de calcium. L'opération est toutefois délicate, il est impossible de conseiller un dosage précis. Seul un laboratoire d'analyse pourra vous conseiller sur la quantité d'acide à apporter pour faire descendre le pH au niveau souhaité. A défaut, procédez impérativement à un contrôle du pH avec un papier réactif ou un pH-mètre. Un ordre de grandeur: 1 à 3 cm3 d'acide à 58% pour 10 L d'eau, en fonction des propriétés exactes de votre eau. L'acide nitrique étant très dangereux à manipuler et de toute façon impossible à trouver dans le commerce de détail, il est conseillé de le remplacer par de l'acide phosphorique, de l'acide sulfurique ou de l'acide citrique en augmentant le dosage jusqu'à obtenir le pH souhaitable. La différence de croissance entre des plantes arrosées avec de l'eau acidifée et d'autres arrosées avec de l'eau calcaire est spectaculaire sur le long terme, car l'acidification empêche la chlorose et permet une parfaite assimilation des engrais. Si vous ne pouvez pas acidifier votre eau calcaire, vous pouvez aussi changer régulièrement la terre avec de bons résultats.

Pour finir, méfiez-vous des brusques changements de temps: si la météo annonce de la pluie, n'arrosez pas. La terre risquerait de rester mouillée trop longtemps et de faire pourrir les racines de vos plantes.

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