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Guide de culture

Le but de ce chapître est de vous expliquer tous les secrets de la culture des Cactées et autres succulentes. Si vous êtes débutant, prenez connaissance auparavant de notre notice de culture simplifiée pour acquérir les règles de base.

Sommaire :

  1. Le substrat
  2. Les pots et le rempotage
  3. L'exposition
  4. Les arrosages
  5. Les engrais
  6. Les maladies
  7. Les parasites
  8. Les plantations en pleine terre

7 - LES PARASITES

Les principaux ennemis des plantes succulentes sont les cochenilles.

La véritable cochenille ou kermès se présente sous forme de petites carapaces blanches ou brunes fixées sur l'épiderme. Elle apprécie particulièrement les Opuntia, les Cereus, les Astrophytum, les Ferocactus, les Mammillaria et les Echinocereus. Elle peut recouvrir de façon très spectaculaire les plantes, mais c'est un insecte peu mobile, qui reste longtemps sur la même plante avant de passer à une autre. En cas d'attaque, une bonne précaution consistera donc dans un premier temps à isoler les sujets atteints. 

La cochenille farineuse est un insecte plus mobile, au corps cireux, et qui pullule dans les endroits les plus inaccessibles. On la détecte facilement grâce à la présence de nids cotonneux. 

Pour éliminer ces insectes, on doit nettoyer les plantes avec un petit pinceau-brosse à poils courts ou un pistolet d'arrosage assez puissant, puis traiter avec une pulvérisation de produit anti-cochenilles.

Cochenilles (Diaspis echinocacti) sur Myrtillocactus geometrizans. Pullulation de petites carapaces blanches sur l'épiderme
Cochenilles (Diaspis echinocacti) sur Ferocactus wislizenii

 

 

Cochenilles farineuses (Pseudococcus sp.) sur Mammillaria grahamii. Masses cotonneuses blanches
Cochenilles (Diaspis echinocacti) sur Astrophytum ornatum

 

Les spécialités courantes à base d’huiles minérales ("Anti-cochenilles") sont utilisables en automne et en hiver sur Cactées , mais pas sur toutes les plantes grasses, Crassulacées notamment, qui sont sensibles à ces matières actives huileuses. On évitera de traiter les espèces farineuses (comme Echeveria desmetiana et laui) ou à épiderme couvert de cire (Myrtillocactus geometrizans, Pilosocereus pachycladus), sous peine de voir disparaître leur couche superficielle, et on utilisera la dose recommandée la plus faible.

On peut préférer, pour ces variétés, des produits non huileux, à base de bifenthrine ("Polysect", "Kiros", "Talstar"), de pyrèthrines et d'extraits végétaux ("Insecticide pour plantes") ou de roténone ("Insecticide végétal"). Mais ces produits, très actifs sur les larves, sont généralement moins efficaces sur les cochenilles adultes.

Les poux des racines sont des cousins des cochenilles et des pucerons. Ils s'installent dans les racines des plantes succulentes, surtout pendant la période de repos où la terre est sèche. Les plantes qui les attirent en premier sont les Echinocereus, les Aeonium, les Senecio, les Asclépiadacées (Stapelia, Caralluma, Huernia), et les Aloe. Le traitement consiste à enterrer des granulés pour le traitement du sol une ou deux fois par an. En cas de forte invasion, il faut nettoyer les racines au pinceau, les laver et changer de terre.

Les pucerons, petits insectes collants noirs ou blancs, peuvent commettre des dégâts importants sur certaines plantes grasses comme les aloès ou les Haworthia, dont ils dévorent le coeur, ainsi que sur les fleurs des Crassulacées. Heureusement, on les combat facilement avec de nombreux insecticides polyvalents à base d'extraits végétaux, de bifenthrine ou de deltaméthrine ("Decis") en répétant toutefois le traitement à une semaine d'intervalle et en évitant d’utiliser constamment la même matière active, sous peine de voir apparaître des souches résistantes.

Signalons qu'une matière active, l'imidaclopride ("Pucerons systémique Bayer", "Confidor", "Polyaxe"), se révèle extrêmement efficace sur pucerons, cochenilles farineuses et poux des racines grâce à son mode de fonctionnement dit "systémique", qui permet au produit de traverser l'épiderme et de circuler dans la sève de la plante, alors que les produits ordinaires ont un effet de choc limité à l'épiderme et ne pénètrent pas dans la plante. L'imidaclopride, non classée au tableau des produits toxiques ou nocifs, est actuellement homologuée en jardins d'amateurs sur rosiers et vergers contre les pucerons. Son utilisation sur cactus contre les cochenilles se fait donc sous votre entière responsabilité.

Les acariens ( tétranyques tisserands, araignées rouges...) sont de minuscules parasites qui prolifèrent en atmosphère chaude et sèche. Ils occasionnent des décolorations brunâtres des extrémités des plantes. Les attaques peuvent aller jusqu'à la destruction du bourgeon terminal chez les Cactées et à la disparition des feuilles chez les Mésembryanthémacées. Les Cactées qui les attirent en premier sont les Echinopsis chamaecereus (= Chamaecereus silvestii ), les Coryphantha, les Rebutia, les Lophophora. Parmi les succulentes, Pleiospilos, Pachypodium, Adenium sont leurs genres préférés.

Contre les acariens, le remède préventif consiste à vaporiser souvent de l'eau sur les plantes par temps très sec, à bien ventiler et à ne pas donner trop d’azote. En cas d'attaque déclarée, mettre si possible les plantes à l'extérieur pour chasser les parasites. On peut pulvériser de temps en temps un produit spécial "araignées rouges" à base de dicofol.  Les insecticides utilisés contre les cochenilles et les pucerons sont peu efficaces, ils peuvent même stimuler le développement des acariens.

Piqures de Tetranychus urticae.
Coloration brun clair de l'épiderme par temps chaud et sec

Les thrips de Californie constituent le nouveau fléau des Cactées pour les entreprises de multiplication. Petits insectes étroits et allongés, s'attaquant à presque tous les végétaux, ils se reproduisent très vite quand il fait chaud. Quasi invisibles dans la journée, les larves et les adultes piquent le sommet des plantes les plus tendres pour pomper la sève ou pour injecter leurs oeufs. Le résultat ne se voit que quelques jours plus tard. Les parties piquées virent au blanc, puis au brun et parfois des pourritures noires s'installent. Les jeunes plantes des genres Lobivia, Echinopsis, Trichocereus, Stetsonia, Ferocactus, Eriosyce, Copiapoa, sont particulièrement attirants pour ce parasite. A titre préventif, on peut suspendre dans la serre des panneaux englués de couleur bleue, qui attirent les adultes volants. La lutte biologique étant difficile à mettre en oeuvre chez un particulier, la lutte chimique consistera à traiter toutes les semaines jusqu'à éradication, avec trois insecticides différents en rotation pour éviter l'accoutumance des thrips à une matière active. Les plantes atteintes se remettent difficilement à pousser en produisant plusieurs têtes latérales, parfois après plusieurs années, mais pour les semis ou les repiquages, la moindre attaque est généralement fatale et se solde par la perte des plantes.

Dégâts de thrips sur Ferocactus,
apex complètement détruit, pas de repousse.
Dégâts de thrips sur Oreocereus celsianus,
apex marron et desséché, pas de repousse.
Dégâts de thrips de thrips sur Echinopsis ferox,
apex en partie endommagé,
d'où repart difficilement la plante.
Dégâts de thrips sur Trichocereus macrogonus,
sommet très endommagé,
d'où repart difficilement la plante.

Les racines des plantes cultivées en pleine terre dans certaines régions aux hivers doux peuvent être contaminées par les nématodes (ou anguillules), sortes de vers microscopiques qui provoquent la thrombose des canaux conducteurs de sève. L'aspect des plantes atteintes est celui d'une plante assoiffée : ridée et jaunâtre. Quand on procède à l'arrachage et à l'examen des racines, on peut voir des nodosités, des galles et des racines décomposées. Ce type de parasite ne peut s'éliminer une fois qu'il est en place dans un terrain. Pour sauver les plantes, il faut couper toutes leurs racines jusqu'au collet, les mettre à sécher un mois ou deux et les faire redémarrer en pot dans de la terre saine, additionnée de granulés insecticides à base de carbofuran. Si vous sortez vos plantes à la belle saison, ne les posez pas par terre si votre jardin est contaminé. Vous risqueriez d'introduire les parasites dans votre serre en automne. Placez-les plutôt sur une terrasse bétonnée ou dallée. Méfiez-vous également des gros sujets proposés à la vente dans les jardineries. Ils proviennent généralement de pépinières de pleine terre situées dans des pays chauds, et risquent fort d'être parasités par les nématodes. Placez les en quarantaine après l'achat et vérifiez l'état des racines avant de les introduire dans votre collection.

Malgré les arrosages, ce Ferocactus herrerae reste ridé et jaunâtre, signe d'un problème de racines.
Une fois arraché, on peut voir sur ses racines des galles, des nodosités et des parties pourries.

Très important : les noms de produits cités en italique sont des substances ou matières actives, ceux entre guillemets sont les noms commerciaux les plus connus en France. Mais on peut trouver, sous d'autres noms commerciaux, des produits grand public aux noms plus ou moins évocateurs et reprenant les mêmes matières actives : lisez bien la composition sur l’étiquette pour savoir si votre produit convient. Attention ! Tous ces produits ne sont utilisables qu'en plein air ou en serre, jamais dans la maison, en respectant bien les prescriptions, dosages et précautions d'emploi indiqués sur l'emballage. Et notamment : protégez-vous, respectez les abeilles, ne traitez pas les plantes en fleur, attendez la fin de la floraison, ne surdosez pas les produits, ne traitez pas sans raison.

En ce qui concerne la réglementation en Europe, tous les produits de traitements phytosanitaires, d'origine chimique ou naturelle, doivent être homologués et disposer d'un numéro d'Autorisation de Mise sur le Marché ou AMM. Pour consulter la liste des produits de traitement autorisés en France, allez sur le site : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/ . Vous y trouverez la liste des usages autorisés pour chaque matière active ou chaque produit commercial, la liste des produits "retirés" (interdits en France), etc.  Par exemple, pour trouver la liste de tous les noms commerciaux correspondant à la bifenthrine, cliquez dans le menu sur "substances", puis sur l'initiale B. Si vous découvrez au fond d'un placard un produit non autorisé en France, ne le jetez pas, vous devez le confier à une entreprise spécialisée dans la collecte des produits dangereux.

Pour identifier avec précision un insecte, rendez-vous sur le site de l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique).

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