Le but de ce chapître est de vous expliquer tous les secrets de la culture des
Cactées et autres succulentes. Si vous êtes débutant, prenez connaissance
auparavant de notre notice de culture simplifiée pour
acquérir les règles de base.
Sommaire :
- Le substrat
- Les pots et le rempotage
- L'exposition
- Les arrosages
- Les engrais
- Les maladies
- Les parasites
- Les plantations en pleine terre
1 - LE SUBSTRAT
Quand vous achetez un cactus dans le commerce ou dans une jardinerie, la
première chose à faire est d'inspecter ses racines. Les plantes qu'on trouve
en dehors des établissements spécialisés en succulentes pour amateurs sont
généralement cultivées dans de la tourbe peu adaptée à la culture chez le
particulier. Si c'est bien le cas, il faut procéder à un changement de
substrat. Pour cela, commencez par nettoyer les racines du plus gros de la
tourbe. N'essayez pas de tout enlever, ce n'est pas indispensable. Si des
racines sont abîmées, taillez-les aux ciseaux et laissez sécher la plante
pendant une semaine, le temps de cicatriser les plaies. Pour le rempotage,
bannissez absolument les terreaux de tourbe pure, trop riches en matière
organique, utilisés dans la culture industrielle. Les racines s'y
développent bien un certain temps, mais ce genre de support se dégrade très
vite si l'eau est calcaire, se transformant en véritable piège à maladies.
De plus, la tourbe se rétracte fortement en séchant, ce qui rend les
arrosages problématiques. Elle semble aussi attirer les redoutables poux des
racines pendant l'hiver.
Cela dit, il n'est pas toujours facile de trouver les éléments nécessaires à la
composition d'une bonne terre à Cactées. Il existe dans le commerce des sacs de
"Terreau Cactées". Les mélanges proposés varient suivant les marques,
mais, d'une manière générale, on peut dire qu'ils sont essentiellement composés
d'humus (tourbe, terreaux et composts d'origine diverses...), faiblement additionné de matières
d'origine minérale (sable, terre, pouzzolane, etc.). L'expérience montre que ce type de terre
à Cactées convient surtout pour les espèces sud-américaines (Cleistocactus,
Cereus, Pilosocereus, Parodia, Notocactus, Echinopsis...),
les Mammillaria les plus robustes et certaines succulentes
vigoureuses comme les Crassula, les aloès et les agaves,
qui aiment bien les sols riches et acides. En fait, les espèces les plus
cultivées par l'industrie horticole, et donc les plus courantes dans le
commerce, sont celles qui supportent ce genre de substrat ! Mais dès
qu'on cultive des plantes aux racines plus fragiles, il est souhaitable d'ajouter des matériaux inertes tels
que du sable, des gravillons de granit, de la pouzzolane, de la vermiculite ou de la
perlite. Certaines espèces apprécient particulièrement d'avoir
à leur disposition un peu d'argile et de calcaire, notamment les Cactées
nord-américaines, et ces éléments pourront être apportés par de la terre de jardin.
La recette classique indiquée dans la plupart des ouvrages, qui associe terreau, sable et terre de
jardin par parts égales nous parait un peu dépassée, compte tenu de la meilleure
connaissance que nous avons des préférences de ces plantes, et des matériaux plus
nombreux à notre disposition que dans le passé. Autrefois, on recommandait
même de greffer systématiquement toutes les espèces réputées fragiles par
rapport à ce mélange standard,
mais il est tout à fait possible de les cultiver sur leurs racines en
fabriquant des mélanges adaptés, contenant très peu d'humus. La composition des substrats que
nous recommandons est indiquée pour chaque genre dans notre catalogue, et bientôt dans notre boutique en ligne. Mais les cactus sont généralement
des plantes très tolérantes, qui peuvent pousser dans des mélanges très
insolites, pour peu qu'on adapte les arrosages aux propriétés du substrat.
Les plus importantes propriétés d'un mélange pour cactus sont une bonne capacité en
air, une rétention en eau moyenne, un pH légèrement acide et une
faible salinité :
- Une capacité en air importante permet aux racines de toujours
respirer. En cas de sol trop lourd et trop compact, les racines s'asphyxient et
pourrissent. Les mélanges pour succulentes doivent toujours être maintenus
poreux, si nécessaire par adjonction de perlite ou vermiculite.
- La rétention
en eau moyenne permet aux cactus de s'hydrater convenablement en quelques jours.
Comme ces plantes n'évaporent que très peu d'eau, la sève ne monte que très
lentement. Le milieu dans lequel poussent les racines doit donc rester humide au
moins pendant quelques jours pour que les plantes bénéficient de l'arrosage.
Mais pas trop longtemps pour éviter que les racines manquent d'air une fois que
la plante a absorbé toute l'eau dont elle avait besoin pour atteindre son
volume maximal.
- Le pH compris entre 5,5 et 6,5 permet une bonne assimilation des
éléments nutritifs. Dans la nature, de nombreuses espèces poussent en sol
calcaire, mais celles-ci s'adaptent très bien en sol légèrement acide, alors
que les plantes originaires de sols acides ne supportent pas du tout le
calcaire. Il est donc préférable de partir sur un mélange plutôt acide, qui
deviendra basique en vieillissant, et qui conviendra à la majorité des
espèces.
- Enfin, la teneur en sels nutritifs sera plutôt faible car les
Cactées et succulentes poussent dans des sols pauvres, sauf exceptions, par
exemple les espèces originaires des régions côtières, qui supportent le
chlorure de sodium de l'eau de mer.
Voyons maintenant les caractéristiques des différents éléments
utilisables pour la culture de nos Cactées et autres succulentes :
Terreau : ce qu'on appelle le terreau est la partie organique du
support de culture. Il est constitué de matières végétales ou animales
décomposées. Il abrite une flore microbienne importante, qui permet aux
plantes d'assimiler les sels minéraux. Pour nos plantes, le terreau peut être du terreau universel à base de tourbe,
si possible avec une structure pas trop fine, ou du terreau de feuilles bien vieux
(si vous en trouvez ou si vous en faites vous-même) mélangé à un peu de tourbe blonde
brute pour l'acidifier. N'utilisez pas les terreaux trop bon marché car leur composition
est parfois douteuse ou inadaptée. L'économie ne se
justifie pas pour de petits volumes. Les terreaux contenant du compost
végétal, des écorces broyées, de la sciure (oui, ça existe !) doivent
être débarrassés des particules grossières non compostées par tamisage.
Sable : le sable doit être non-calcaire et pas trop fin, pour
éviter un tassement trop important du mélange. Le sable de mer est
inutilisable à cause de sa teneur en sel importante et de sa finesse. Il est de toute
façon interdit de le ramasser ! On peut utiliser du sable de
carrière calibré ou du sable de rivière, vendu en sacs ou en vrac chez les marchands de
matériaux de construction, dans les magasins d'aquariophilie, chez les spécialistes du
traitement des eaux (sable pour filtre).
Pouzzolane : la pouzzolane est une roche volcanique concassée et calibrée. Sa structure
poreuse en fait un matériau idéal pour aérer et drainer les substrats. On peut en
trouver également chez certains marchands de matériaux, ou dans quelques jardineries,
où elle est vendue en sacs. Il y a plusieurs gisements en France, dans le
Massif Central. Si vous habitez dans cette région, il est sans doute possible
d'en ramasser gratuitement !
Perlite :
la perlite est une sorte de pop-corn obtenue par chauffage et dilatation de petits morceaux de
scories. Elle ressemble à des granulés de polystyrène expansé. Sa
grande légèreté et sa porosité permettent d'aérer les substrats, elle stimule
l'enracinement. On l'utilise en principe en proportion inférieure à 20% sinon le
substrat manque de stabilité. Mais il possible de faire enraciner des
boutures dans de la perlite pure. On peut la trouver en sacs de 100 L chez les grossistes en produits pour
l'horticulture ou certains magasins de bricolage. Nous
en fournissons au détail par sacs de 5 ou 10 L.
Vermiculite :
la vermiculite est un matériau isolant très léger, qui sert à isoler les combles ou à
alléger le béton. Elle est fabriquée par dilatation de petites particules de mica. Sa
structure feuilletée, qui augmente de volume à chaque arrosage et qui diminue en
séchant permet de faire respirer le substrat. On la trouve en sacs de 100 L chez les grossistes en
matériaux d'isolation ou certains magasins de bricolage. Nous en fournissons également au
détail par sacs de 5 ou 10 L.
Gravier et granit : Les gravillons de granit en décomposition sont appréciés, en drainage
ou en mélange, par de nombreuses espèces. Mais vous devrez généralement récupérer ce
matériau dans la nature ! A défaut, des graviers de carrière ou de rivière conviennent
aussi pour fournir les éléments les plus grossiers du substrat, ou le drainage.
Argile expansée : Ce matériau est intéressant par sa légèreté et sa structure poreuse.
Fabriquée à partir de billes d'argile cuites, on la trouve facilement, notamment
dans les jardineries. Les grosses billes servent au drainage, les plus petites
peuvent être incorporées au mélange pour stimuler l'enracinement.
Terre de jardin : C'est par définition une terre extraite d'un
jardin cultivé, mais celle qu'on achète par camions pour créer des jardins
est particulièrement stérile, car extraite de couches profondes du sol, où la
proportion d'humus et de flore microbienne est très pauvre. La terre de jardin est à base de sable fin,
d'argile, de calcaire, d'humus et de sels minéraux en proportions très
variables selon la région. Elle apporte aux Cactées les oligo-éléments
indispensables à la croissance et le pouvoir régulateur de l'argile. Attention ! Ne la prélevez pas dans la couche de
surface d'un jardin, qui est pleine de graines et de
parasites, ni dans la couche trop profonde, qui est stérile. Ne l'utilisez que si elle est de bonne
qualité, non contaminée par des traitements herbicides. Si elle est vraiment très
argileuse, réduisez sa proportion dans les mélanges, mais essayez de ne pas la
supprimer totalement. Sur le long terme, mettre un peu de vraie terre dans
votre substrat vous donnera des plantes plus
solides, plus résistantes à la sécheresse et aux maladies. Cependant, une
terre trop fine et trop argileuse demandera à être mélangée avec plus de
perlite et de vermiculite pour éviter une asphyxie des racines. Il est aussi
possible de se passer de la terre de jardin : de nombreux amateurs et professionnels font des
mélanges moitié terreau et moitié drainage avec d'excellents résultats.
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