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Guide de culture

 

Le but de cette page est de est de vous expliquer tous les secrets de la culture des Cactées et autres succulentes. Si vous êtes débutant, prenez connaissance auparavant de notre notice de culture simplifiée pour acquérir les règles de base.

Sommaire :

  1. Le substrat
  2. Les pots et le rempotage
  3. L'exposition
  4. Les arrosages
  5. Les engrais
  6. Les maladies, parasites et traitements
  7. Les plantations en pleine terre

LE SUBSTRAT

Quand vous achetez un cactus dans le commerce ou dans une jardinerie, la première chose à faire est d'inspecter ses racines. Les plantes qu'on trouve en dehors des établissements spécialisés en succulentes pour amateurs sont généralement cultivées dans de la tourbe peu adaptée à la culture chez le particulier.  Si c'est bien le cas, il faut procéder à un changement de substrat. Pour cela, commencez par nettoyer les racines du plus gros de la tourbe. N'essayez pas de tout enlever, ce n'est pas indispensable. Si des racines sont abîmées, taillez-les aux ciseaux et laissez sécher la plante pendant une semaine, le temps de cicatriser les plaies. Pour le rempotage, bannissez absolument les terreaux de tourbe pure, trop riches en matière organique, utilisés dans la culture industrielle. Les racines s'y développent bien un certain temps, mais ce genre de support se dégrade très vite si l'eau est calcaire, se transformant en véritable piège à maladies. De plus, la tourbe se rétracte fortement en séchant, ce qui rend les arrosages problématiques. Elle semble aussi attirer les redoutables poux des racines pendant l'hiver.

Cela dit, il n'est pas toujours facile de trouver les éléments nécessaires à la composition d'une bonne terre à Cactées. Il existe dans le commerce des sacs de "Terreau Cactées". Les mélanges proposés varient suivant les marques, mais, d'une manière générale, on peut dire qu'ils sont essentiellement composés d'humus (tourbe, terreaux et composts d'origine diverses...), faiblement additionné de matières d'origine minérale (sable, terre, pouzzolane, etc.). L'expérience montre que ce type de terre à Cactées convient surtout pour les espèces sud-américaines (Cleistocactus, Cereus, Pilosocereus, Parodia, Notocactus, Echinopsis...),  les Mammillaria les plus robustes et certaines succulentes vigoureuses comme les Crassula, les aloès et les agaves, qui aiment bien les sols riches et acides. En fait, les espèces les plus cultivées par l'industrie horticole, et donc les plus courantes dans le commerce, sont celles qui supportent ce genre de substrat ! Mais dès qu'on cultive des plantes aux racines plus fragiles, il est souhaitable d'ajouter des matériaux inertes tels que du sable, des gravillons de granit, de la pouzzolane, de la vermiculite ou de la perlite. Certaines espèces apprécient particulièrement d'avoir à leur disposition un peu d'argile et de calcaire, notamment les Cactées nord-américaines, et ces éléments pourront être apportés par de la terre de jardin.

La recette classique indiquée dans la plupart des ouvrages, qui associe terreau, sable et terre de jardin par parts égales nous parait un peu dépassée, compte tenu de la meilleure connaissance que nous avons des préférences de ces plantes, et des matériaux plus nombreux à notre disposition que dans le passé. Autrefois, on recommandait même de greffer systématiquement toutes les espèces réputées fragiles par rapport à ce mélange standard, mais il est tout à fait possible de les cultiver sur leurs racines en fabriquant des mélanges adaptés, contenant très peu d'humus. La composition des substrats que nous recommandons est indiquée sur la fiche technique qui accompagne chaque genre dans la partie "serre de vente" du site. Mais les cactus sont généralement des plantes très tolérantes, qui peuvent pousser dans des mélanges très insolites, pour peu qu'on adapte les arrosages aux propriétés du substrat. 

Les plus importantes propriétés d'un mélange pour cactus sont une bonne capacité en air, une rétention en eau moyenne,  un pH légèrement acide et une faible salinité :

  • Une capacité en air importante permet aux racines de toujours respirer. En cas de sol trop lourd et trop compact, les racines s'asphyxient et pourrissent. Les mélanges pour succulentes doivent toujours être maintenus poreux, si nécessaire par adjonction de perlite ou vermiculite. 
  • La rétention en eau moyenne permet aux cactus de s'hydrater convenablement en quelques jours. Comme ces plantes n'évaporent que très peu d'eau, la sève ne monte que très lentement. Le milieu dans lequel poussent les racines doit donc rester humide au moins pendant quelques jours pour que les plantes bénéficient de l'arrosage. Mais pas trop longtemps pour éviter que les racines manquent d'air une fois que la plante a absorbé toute l'eau dont elle avait besoin pour atteindre son volume maximal. 
  • Le pH compris entre 5,5 et 6,5 permet une bonne assimilation des éléments nutritifs. Dans la nature, de nombreuses espèces poussent en sol calcaire, mais celles-ci s'adaptent très bien en sol légèrement acide, alors que les plantes originaires de sols acides ne supportent pas du tout le calcaire. Il est donc préférable de partir sur un mélange plutôt acide, qui deviendra basique en vieillissant, et qui conviendra à la majorité des espèces. 
  • Enfin, la teneur en sels nutritifs sera plutôt faible car les Cactées et succulentes poussent dans des sols pauvres, sauf exceptions, par exemple les espèces originaires des régions côtières, qui supportent le chlorure de sodium de l'eau de mer.

Voyons maintenant les caractéristiques des différents éléments utilisables pour la culture de nos Cactées et autres succulentes :

Terreau : ce qu'on appelle le terreau est la partie organique du support de culture. Il est constitué de matières végétales ou animales décomposées. Il abrite une flore microbienne importante, qui permet aux plantes d'assimiler les sels minéraux. Pour nos plantes, le terreau peut être du terreau universel à base de tourbe, si possible avec une structure pas trop fine, ou du terreau de feuilles bien vieux (si vous en trouvez ou si vous en faites vous-même) mélangé à un peu de tourbe blonde brute pour l'acidifier. N'utilisez pas les terreaux trop bon marché car leur composition est parfois douteuse ou inadaptée. L'économie ne se justifie pas pour de petits volumes. Les terreaux contenant du compost végétal, des écorces broyées, de la sciure (oui, ça existe !) doivent être débarrassés des particules grossières non compostées par tamisage.

Sable : le sable doit être non-calcaire et pas trop fin, pour éviter un tassement trop important du mélange. Le sable de mer est inutilisable à cause de sa teneur en sel et de sa finesse. Il est de toute façon interdit de le ramasser ! On peut utiliser du sable de carrière calibré ou du sable de rivière, vendu en sacs ou en vrac chez les marchands de matériaux de construction, dans les magasins d'aquariophilie, chez les spécialistes du traitement des eaux (sable pour filtre). 

Pouzzolane : la pouzzolane est une roche volcanique concassée et calibrée. Sa structure poreuse en fait un matériau idéal pour aérer et drainer les substrats. On peut en trouver également chez certains marchands de matériaux, ou dans quelques jardineries, où elle est vendue en sacs. Il y a plusieurs gisements en France, dans le Massif Central. Si vous habitez dans cette région, il est sans doute possible d'en ramasser gratuitement !

Perlite : la perlite est une sorte de pop-corn obtenue par chauffage et dilatation de petits morceaux de scories. Elle ressemble à des granulés de polystyrène expansé. Sa grande légèreté et sa porosité permettent d'aérer les substrats, elle stimule l'enracinement. On l'utilise en principe en proportion inférieure à 20% sinon le substrat manque de stabilité. Mais il possible de faire enraciner des boutures dans de la perlite pure. On peut la trouver en sacs de 100 L chez les grossistes en produits pour l'horticulture ou certains magasins de bricolage. Nous en fournissons au détail par sacs de 5 ou 10 L.

Vermiculite : la vermiculite est un matériau isolant très léger, qui sert à isoler les combles ou à alléger le béton. Elle est fabriquée par dilatation de petites particules de mica. Sa structure feuilletée, qui augmente de volume à chaque arrosage et qui diminue en séchant permet de faire respirer le substrat. On la trouve en sacs de 100 L chez les grossistes en matériaux d'isolation ou certains magasins de bricolage. Nous en fournissons également au détail par sacs de 5 ou 10 L.

Gravier et granit : Les gravillons de granit en décomposition sont appréciés, en drainage ou en mélange, par de nombreuses espèces. Mais vous devrez généralement récupérer ce matériau dans la nature ! A défaut, des graviers de carrière ou de rivière conviennent aussi pour fournir les éléments les plus grossiers du substrat, ou le drainage.

Argile expansée : Ce matériau est intéressant par sa légèreté et sa structure poreuse. Fabriquée à partir de billes d'argile cuites, on la trouve facilement, notamment dans les jardineries. Les grosses billes servent au drainage, les plus petites peuvent être incorporées au mélange pour stimuler l'enracinement.

Terre de jardin : C'est par définition une terre extraite d'un jardin cultivé, mais celle qu'on achète par camions pour créer des jardins est particulièrement stérile, car extraite de couches profondes du sol, où la proportion d'humus et de flore microbienne est très pauvre. La terre de jardin est à base de sable fin, d'argile, de calcaire, d'humus et de sels minéraux en proportions très variables selon la région. Elle apporte aux Cactées les oligo-éléments indispensables à la croissance et le pouvoir régulateur de l'argile. Attention ! Ne la prélevez pas dans la couche de surface d'un jardin, qui est pleine de graines et de parasites, ni dans la couche trop profonde, qui est stérile. Ne l'utilisez que si elle est de bonne qualité, non contaminée par des traitements herbicides. Si elle est vraiment très argileuse, réduisez sa proportion dans les mélanges, mais essayez de ne pas la supprimer totalement. Sur le long terme, mettre un peu de vraie terre dans votre substrat vous donnera des plantes plus solides, plus résistantes à la sécheresse et aux maladies. Cependant, une terre trop fine et trop argileuse demandera à être mélangée avec plus de perlite et de vermiculite pour éviter une asphyxie des racines. Il est aussi possible de se passer de la terre de jardin : de nombreux amateurs font des mélanges moitié terreau et moitié drainage avec d'excellents résultats.

 

LES POTS ET LE REMPOTAGE

Une fois votre mélange à Cactées préparé, va se poser le problème du contenant : pots en terre ou en plastique, pots ronds ou carrés, pots profonds ou raccourcis, pots de yaourt ou boites de conserve ?

Les pots en plastique sont les plus utilisés par les professionnels, en raison de leur faible poids, de leur matière incassable et de leur coût bon marché. Leur paroi étant étanche, l'humidité ne s'évapore que par le dessus de la terre, ce qui permet des gains de temps d'arrosage. Par contre, un excès d'arrosage peut provoquer des dégâts aux racines.

Les particuliers préfèrent les pots en terre. Traditionnels, esthétiques et stables, les pots en terre cuite possèdent, de surcroît, une paroi poreuse qui permet à la motte de respirer.

Dans les régions chaudes, le pot de terre présente un inconvénient majeur: l'évaporation excessive de l'eau par la paroi conduit à une concentration des sels minéraux à la périphérie de la motte, ce qui peut provoquer des brûlures aux racines et le dessèchement des plantes. Le phénomène est encore plus visible lorsque l'eau est très dure (c'est à dire quand elle a une forte teneur en bicarbonates et en sulfates). De plus, le dépotage devient très difficile lorsque les radicelles sont collées sur une paroi en terre cuite.

On peut donc conseiller aux amateurs des régions très ensoleillées d'utiliser soit des pots en plastique, soit des pots en terre cuite vernis sur une face, et aux personnes habitant dans des régions moins chaudes, des pots en terre cuite. En cas de réemploi de poteries, le nettoyage des pots en plastique est cependant plus facile. 

On affirme généralement que les pots carrés permettent de gagner de la place par rapport aux pots ronds. Il est plus correct de dire que les pots carrés mettent plus de terre à la disposition des plantes que les pots ronds, pour une même surface occupée. Car ce qui compte, c'est tout de même la largeur des plantes ! Rempotez, par exemple, 9 boules de 8 cm dans des pots ronds de 10 cm, et 9 autres dans des pots carrés de 10 cm. Dans les 2 cas, les pots s'inscriront sans peine dans un carré de 30 cm de côté. Mais les pots carrés contiendront 30% de terre en plus ! De toute façon, n'oubliez pas que trop serrer les plantes peut poser des problèmes de manque d'aération entre les plantes.

Le rempotage se fait de préférence juste avant le démarrage de la végétation, soit en février-mars, mais il est possible de rempoter presque toute l'année si on prend la précaution d'utiliser de la terre bien sèche et de ne pas arroser immédiatement, comme on le fait avec les autres végétaux. Il est conseillé d'arroser seulement une semaine après quand il fait chaud, pour éviter la pourriture des racines éventuellement endommagées par l'opération. En période froide, il faut attendre le retour des beaux jours pour commencer à arroser. Une autre  précaution utile consiste à apporter dans le premier arrosage un fongicide homologué pour le traitement des maladies du sol.

Les jeunes Cactées doivent être rempotées tous les ans, à l'exception des espèces miniatures à croissance très lente, qui sont rempotées seulement tous les 2 ou 3 ans, par exemple les Ariocarpus et Turbinicarpus. A partir de l'âge de 8 ou 10 ans, le rempotage n'est utile que tous les deux à quatre ans, en fonction de la vigueur de la plante. Le rempotage des plantes s'impose réellement quand la terre est trop vieille, trop tassée, ou qu'il n'y a plus d'espace entre la plante et le bord du pot. Quand une plante est restée trop longtemps dans son pot, elle ne pousse plus, parce que les racines ont comblé les pores du substrat, ou bien parce que la terre est devenue trop pauvre ou trop calcaire.  Dans ce cas là, il faut défaire la motte complètement et secouer la vieille terre. Les racines sèches ou abîmées doivent être coupées proprement aux ciseaux. On laisse ensuite les racines sécher à l'air libre pendant une semaine pour la cicatrisation. Il faut compter deux à trois semaines pour les racines des gros sujets. Si aucune racine n'a besoin d'être raccourcie, on peut rempoter immédiatement. Si le changement de pot correspond à une préoccupation esthétique et que la motte est constituée de bonne terre fraîche, on peut transplanter sans avoir besoin de changer la terre.

La taille du pot ne doit pas être trop disproportionnée par rapport à la plante. Pour rempoter une boule, un pot d'un diamètre 2 ou 3 cm plus large que la plante est suffisant. Un bon drainage composé de cailloux, de pouzzolane grossière, d'argile expansée ou de tessons de poterie donnera une bonne assise à vos Cactées délicates. Vous pouvez disposer ces éléments minéraux au fond du pot sur quelques centimètres, ainsi qu'autour du collet, pour le protéger de la pourriture. La plupart des boules ont des racines superficielles, aussi il n'est pas nécessaire de les planter dans des pots profonds. Les pots dits "raccourcis", plus larges que hauts sont conseillés. Si vous n'avez que des pots profonds à votre disposition, mettez plus de drainage et moins de terre à Cactées. Vous pouvez éventuellement regrouper les espèces globulaires du même genre dans des coupes. De même, les plantes très âgées seront beaucoup plus à l'aise dans des coupes que dans des pots normaux. Les cierges, par contre, ont des racines très développées et préfèrent les pots profonds. 

Quant aux plantes grasses, la plupart pousse plus vite que les Cactées. Si vous les installez dans des pots trop grands, elles vous envahiront encore plus vite. Il vaut mieux les rempoter au fur et à mesure de leur croissance et les tailler quand c'est possible, pour éviter un rempotage. Inversement, les espèces à croissance très lente comme les plantes-cailloux ( Lithops ) pourront rester dans leurs pots ou dans des terrines à bonsaï pendant des années sans aucun problème.

En conclusion: utilisez le type de contenant que vous préférez ! Mais généralisez son emploi à toutes vos plantes, de manière à pouvoir arroser en même temps toute votre collection. Vous pourrez ainsi jouir d'un agréable spectacle lorsque vous contemplerez celle-ci. L'esthétisme d'une collection est un facteur à ne pas négliger. Cette remarque est également valable pour les étiquettes: évitez de mélanger les modèles et les couleurs différentes !

 

L'EXPOSITION

Les plantes succulentes sont des végétaux originaires de régions très ensoleillées. Elles demandent donc, en général, le maximum de lumière. Cependant, certaines petites espèces croissent, au moins pendant leur jeunesse, à l'ombre d'autres plantes, de rochers, d'herbes sèches, ou vivent dans des atmosphères voilées par la brume. Quelques variétés prospèrent même dans la pénombre (Schlumbergera, Rhipsalis ...). Les besoins lumineux des différents genres sont indiqués sur la fiche technique qui accompagne chaque genre dans la partie "serre de vente" du site.

Il est très important de signaler que les Cactées supportent très mal les brusques changements d'intensité lumineuse. Si vous choisissez de sortir les plantes pendant la belle saison, ce qui leur fera du bien, il vaut mieux les habituer progressivement en les ombrant légèrement avec un filet d'ombrage ou une moustiquaire qui filtrera 25 à 50 % des rayons du soleil, ou en ne les plaçant pas tout de suite au sud. Faute de quoi, on risque des brûlures irréparables. Pour plus de détails, voir le COURS PRATIQUE N°2

L'idéal est de cultiver ses cactus dans une serre ou une véranda très lumineuse et bien aérée, de manière à ne pas avoir à les déplacer. En hiver, pendant la période de repos, aérez un peu par beau temps pour éviter les maladies. A défaut de pouvoir aérer régulièrement, brassez l'air avec un petit ventilateur de faible consommation, qui évitera la condensation sur les plantes et beaucoup de pertes. Cette solution est indispensable si vous hivernez vos plantes dans une pièce sombre comme un garage.

 

LES ARROSAGES

Les questions concernant l'arrosage des plantes succulentes sont les plus fréquentes et les plus complexes. Si la période de végétation d'un genre donné est assez facile à déterminer, il est en revanche plus difficile de donner précisément des quantités d'eau et des intervalles entre les arrosages. Les plantes sont des êtres vivants. Pour bien les arroser, il faut les "sentir", les observer. Avec l'expérience, il devient très facile de déterminer à partir de quel moment on peut arroser un cactus.

Certes, au début, les pertes peuvent être nombreuses (tous les débutants vous le diront !). Il faut savoir que la plupart du temps, celles-ci sont dues à un excès d'eau. Trop d'eau provoque l'asphyxie des racines, puis leur pourriture, s'étendant en général à toute la plante. La qualité du substrat, capable de contenir beaucoup d'air et pas trop d'eau, est donc essentielle.

Le bon truc consiste à toujours bien laisser sécher les Cactées entre deux arrosages. Au moment de l'arrosage, la motte doit être complètement sèche sur plusieurs cm de profondeur, sauf en plein été, où elle peut receler des traces d'humidité, mais il est toujours plus sûr d'attendre que tout soit sec. Certaines plantes sont plus gourmandes en eau - Crassulacées, Liliacées, etc. - mais peuvent s'accommoder de la même fréquence que les Cactées si vous en possédez dans votre collection : il suffit d'augmenter la quantité d'eau pour ces variétés ou bien d'utiliser un substrat plus riche en terreau. En ce qui concerne la quantité d'eau à apporter, celle-ci doit permettre de bien mouiller la terre dans tout le pot pour 2 ou 3 jours au minimum. Si vous ne mettez que quelques gouttes, la plante ne pourra pas en profiter. D'autre part, les petits pots sèchent beaucoup plus vite que les grands. Plus les pots sont grands, plus il faudra d'eau pour bien les arroser et moins souvent on les arrosera. La manière la plus logique de procéder est donc de regrouper les plantes en fonction de leurs besoins en eau et de leur taille. C'est beaucoup de travail, mais cela permet d'éviter par la suite toute erreur d'arrosage. Si vous arrangez votre collection d'une manière simplement esthétique, en mélangeant petits pots et grands pots, en alternant Cactées et plantes grasses, il vous faudra beaucoup d'attention lors des arrosages !

Une plante ordinaire, privée d'eau, vous prévient qu'elle a soif en se ramollissant. Le phénomène est beaucoup moins visible chez les succulentes, mais existe. La structure "en soufflet" des Cactées, absorbe sans dommage les importantes variations de volume de la plante, qui se gonfle à chaque arrosage, et se dégonfle à chaque période de sécheresse. Il faut cependant se montrer prudent avec une plante qui était au repos, ou qui était restée longtemps dans le même pot. Pour une plante endormie, aux tissus endurcis, un arrosage trop excessif, associé à un changement de pH consécutif au renouvellement de la terre, peut faire éclater les côtes de la plante.


Eclatement visible sur un Ferocactus flavovirens.

En dehors de l'excès d'eau, une autre cause de perte par pourriture est l'arrosage à contre-saison. Les Cactées poussent et s'arrosent du printemps à l'automne, les pluies dans leurs pays d'origine intervenant en saison chaude. Il est à noter que les espèces sud-américaines se sont parfaitement adaptées à nos latitudes, et qu'elles ont le même cycle de végétation que les nord-américaines, à quelques exceptions près comme certains Eriosyce et Copiapoa qui poussent en hiver. Si vous gardez vos cactus dans un appartement normalement chauffé, vous pouvez les arroser une fois par mois en hiver, sinon gardez les au frais et au sec pendant les 3 ou 4 mois les plus froids, pour respecter leur cycle naturel.

Les autres plantes succulentes, appartenant à différentes familles, ont des périodes de croissance plus diverses. Les espèces gardent en principe leur cycle basé sur les saisons de pluie de leurs régions d'origine : quand il pleut, elles se mettent à pousser et à fleurir. Certaines plantes de l'extrême ouest de l'Afrique du Sud et de Namibie peuvent donc se mettre en repos en été parce que dans cette zone les étés sont chauds et secs. Les plantes de cette catégorie poussent surtout en automne et en hiver, à condition de les chauffer un peu plus que les plantes qui sont en repos hivernal. Quelques exemples:  les Tylecodon, les Pelargonium perdent leur feuilles en été. Les Cheiridopsis, les Fenestraria, beaucoup d'Euphorbia, fleurissent en plein hiver. Les plantes des Iles Canaries se comportent de la même manière : en juillet-août, les rosettes des Aeonium sont refermées, les Senecio kleinia perdent leur feuilles.

D'autres espèces suivent à peu près le même rythme que les Cactées : les agaves, les Broméliacées, les Cyphostemma (Afrique du Sud et Namibie) qui poussent de mai à novembre.

Les Echeveria, Pachyphytum et Sedum, bien qu'originaires du Mexique, montrent aussi des signes évidents de croissance et de floraison en hiver, mais on ne peut pas dire pour autant qu'ils arrêtent de pousser en été, sauf s'il fait excessivement chaud. Ces plantes peuvent donc être arrosées toute l'année si le temps le permet. Les plantes originaires du sud de la province du Cap, comme les Crassula ou les Gasteria, habituées à des pluies régulières, appartiennent aussi à cette catégorie, ainsi que les Kalanchoe de Madagascar, 

La fréquence d'arrosage dépend de la période de l'année et de l'endroit où on cultive les plantes. A l'intérieur, les pots sèchent beaucoup plus lentement qu'en plein air, sauf grosses pluies évidemment. A l'extérieur, les cactus peuvent rester mouillés beaucoup plus longtemps qu'en milieu fermé sans présenter de pourriture. Les courants d'air et les températures plus basses qu'en serre expliquent ce phénomène. Les fréquences suivantes peuvent être modulées en fonction de votre climat :

  • Dans la maison : une fois par mois suffit en général.
  • Dans la véranda ou la serre : une fois par mois en hiver si la température est supérieure à 15°. Si vous ne chauffez pas, n’arrosez pas les cactus pendant tout l’hiver, donnez un peu d’eau aux plantes grasses à feuilles une fois par mois. Au printemps : une fois tous les 10 jours. En été : une fois par semaine, sauf plantes en repos estival (à garder au sec et si possible dans un lieu frais et ombragé, par exemple sous un arbre). En automne une fois tous les 15 jours.
  • A l’extérieur : au printemps, arrosez une fois par semaine si le temps est sec. Arrosez une ou deux fois par semaine en été. En automne, pensez à abriter les plantes de la pluie, abondante en cette saison, avant de les rentrer. Ne rentrez pas dans un garage ou une cave les plantes trempées, elles mettraient énormément de temps à sécher et pourraient moisir en hiver !  Les plantes qui passent l’hiver dehors pour des raisons d'encombrement ne devront pas reposer dans des soucoupes ou des flaques d’eau, et leurs pots devront être bien drainés pour éviter la pourriture.

En suivant nos conseils d'arrosage genre par genre, vous ne devriez pas rencontrer de problème. Restez toujours attentif au comportement des plantes. Par exemple, si vous voyez que les feuilles jaunissent et tombent, que les rosettes se referment, arrêtez les arrosages. Si vous voyez qu'un Lithops (plante-caillou) est bien rebondi, n'arrosez pas, attendez qu'il soit un peu ridé pour cela.

Mais au fait, avec quelle eau pouvons-nous arroser nos plantes ?

La qualité de l'eau est un facteur non négligeable dans la réussite de la culture des cactus. On l'a vu plus haut, la quasi totalité des espèces préfère un pH de sol légèrement acide (6 à 6,5), or l'eau du robinet est souvent chargée en bicarbonates, sulfates et chlorures, ce qui lui confère un pH basique. Les arrosages avec une eau de ce type apportent trop de sels nocifs pour les cactus et modifient assez rapidement le pH du sol. La croissance finit par en être nettement ralentie. On peut se permettre d'utiliser une eau dont le pH est égal ou supérieur à 7 (c'est à dire neutre ou basique), à la condition que sa minéralisation en sels nocifs pour les végétaux ne soit pas trop importante. Selon la quantité de plantes à entretenir, on pourra préférer soit de l'eau de source, soit de l'eau de pluie ou de l'eau déminéralisée coupée avec de l'eau de ville, soit de l'eau produite avec un adoucisseur domestique de dernière génération (osmose inverse), soit de l'eau de ville si elle n'est pas trop dure. Attention aux adoucisseurs classiques, qui échangent les ions calcium par des ion sodium, aussi toxiques les uns que les autres pour les plantes ! Si l'eau de ville est  très dure, vous pouvez la traiter de la façon suivante :

Pour éliminer le chlore, il suffit de laisser l'eau s'aérer un jour ou deux dans un bac. Les bicarbonates, très nocifs pour les plantes, peuvent être en grande partie éliminés par une modeste adjonction d'acide. Attention, les acides chlorhydriques et sulfuriques ne doivent jamais être employés. D'un point de vue nutritif, le meilleur acide est le nitrique car la réaction produit un engrais azoté très utile: le nitrate de calcium. L'opération est toutefois délicate, il est impossible de conseiller un dosage précis. Seul un laboratoire d'analyse pourra vous conseiller sur la quantité d'acide à apporter pour faire descendre le pH au niveau souhaité. A défaut, procédez impérativement à un contrôle du pH avec un papier réactif ou un pH-mètre. Un ordre de grandeur: 1 à 3 cm3 d'acide à 58% pour 10 L d'eau, en fonction des propriétés exactes de votre eau. L'acide nitrique étant très dangereux à manipuler et de toute façon impossible à trouver dans le commerce de détail, il est conseillé de le remplacer par de l'acide phosphorique, en augmentant le dosage jusqu'à obtenir le pH souhaitable. La différence de croissance entre des plantes arrosées avec de l'eau acidifée et d'autres arrosées avec de l'eau calcaire est spectaculaire sur le long terme, car l'acidification empêche la chlorose et permet une parfaite assimilation des engrais. Si vous ne pouvez pas acidifier votre eau calcaire, vous pouvez aussi changer régulièrement la terre avec de bons résultats.

Pour finir, méfiez-vous des brusques changements de temps: si la météo annonce de la pluie, n'arrosez pas. La terre risquerait de rester mouillée trop longtemps et de faire pourrir les racines de vos plantes.

 

LES ENGRAIS

Certains amateurs essayent de faire pousser leurs cactus en recréant très exactement le sol d'origine de l'espèce, ce qui est bien difficile, pour ne pas dire utopique, tandis que d'autres  laissent leurs plantes pendant des années dans une banale terre de jardin sans jamais apporter aucune nourriture. De telles méthodes "naturelles" ressemblent plus à du maintien en vie qu'à de la culture. Bien sûr, les plantes élevées "à la dure" survivent, mais ce ne sont pas les meilleures conditions pour obtenir une croissance correcte et une floraison abondante, but avoué de tout cactophile qui se respecte. La culture en pot n'a rien de naturel :  les racines ne peuvent s'étaler, prisonnières d'une paroi plus ou moins étanche, et la vie microbienne et animale y est très réduite. Dans la nature, il n'est pas rare de constater qu'un petit cactus puisse développer des racines traçantes d'un mètre de long, les adultes allant quant à eux, beaucoup plus loin. En occupant le sol à proximité de la surface, les racines permettent ainsi de capter le maximum d'eau de pluie et de sels minéraux nécessaires à la croissance.

En culture, par contre, le volume de terre à la disposition de la plante est minime. Il est donc logique de l'enrichir pour compenser les prélèvements de la plante, certes relativement faibles par rapport à d'autres plantes, mais bien réels. A ce sujet, les fumures organiques ou les engrais organo-minéraux riches en azote donnent des résultats spectaculaires avec certaines espèces gourmandes, mais peuvent participer au risque de pourriture des espèces fragiles, ou transmettre des maladies provoquées par des bactéries présentes dans les fumures organiques de mauvaise qualité. Les terrains d'origine des Cactées contiennent une très faible proportion de matière organique, donc peu d'azote. Il est préférable de les fertiliser avec des engrais minéraux, par exemple avec de l'engrais liquide spécial Cactées, faible en azote, riche en phosphore et en potasse, que l'on apportera deux fois par mois entre avril et août, dans l'eau d'arrosage, et qui favorisera la formation des épines et la future floraison. En début de saison, vous pouvez apporter du Séquestrène (chélate de fer) pour faciliter le démarrage et le reverdissement des plantes chlorosées. Le reste de l'année, ne donnez que de l'eau pure.


Chlorose sur Cereus.
 Couleur jaunâtre et manque de croissance

Une alternative très utilisée par les professionnels consiste à mélanger à la terre des billes d'engrais à libération contrôlée (dit "Osmocote"). Une seule application peut suffire pour un an, on évite les fastidieux dosages d'engrais, il n'y a pas de traces sur les plantes, ni de risque de carence ou de surdosage, bref... c'est un système pratique et parfaitement éprouvé. Attention ! seul le type d'Osmocote le plus faible en azote peut convenir aux plantes succulentes (Osmocote  9-10-18 durée 12/14 mois).

S'il paraît normal de nourrir les plantes succulentes, il n'est pas nécessaire non plus d'exagérer dans ce sens. Ne forcez pas les doses ! La croissance optimale n'est pas seulement fonction des quantités de sels minéraux apportés, mais aussi du taux de gaz carbonique, de la luminosité et de la chaleur, toutes choses qu'il est difficile de maîtriser sans installation spécialisée, ni sans habiter dans une région très ensoleillée. Un apport excessif d'engrais sur des Cactées insuffisamment éclairées les transformera en melons turgescents dénués de toute résistance aux maladies et aux parasites ! 

 

LES MALADIES, PARASITES ET TRAITEMENTS

Quels que soient les soins apportés à sa collection, il n'est pas rare de voir certains sujets attaqués par des maladies ou des parasites. Autrefois, un vieil adage disait que "une plante bien cultivée n'attrape jamais de maladie". Cependant, à cause des accroissements des échanges internationaux, de nouveaux parasites sont introduits en Europe avec des végétaux importés mal ou non désinfectés. Ils envahissent de nouveaux territoires sur lesquels les prédateurs n'existent pas, ou bien bénéficient de climats plus favorables à leur multiplication. Il apparaît  ainsi tous les ans en France de nouveaux ravageurs. Par exemple, la Fulgorelle (Metcalfa pruinosa) qui a envahi les jardins du sud de la France, ou le Thrips de Californie (Frankliniella occidentalis) qui parasite toutes les cultures de plantes à fleurs dans notre pays. Les champignons responsables de nombreuses maladies sont également en extension et s'attaquent à des groupes de plantes qui étaient autrefois à l'abri de ces problèmes.

D'autre part, les cactus et les plantes succulentes sont originaires de régions très sèches et peu fertiles. De ce fait, ils sont rarement confrontés à des parasites, et n'ont pas développé de capacité intrinsèque à résister aux champignons, bactéries ou insectes qui prolifèrent en zones humides et tempérées. Il faut savoir que les cactus poussent plus lentement dans la nature qu'en culture, que les conditions difficiles de survie et les rayons ultraviolets les nanifient et leur donnent un épiderme très épais. Quand on les cultive sous un climat tempéré comme le nôtre, ou dans l'atmosphère douillette d'une serre, on les place inévitablement dans un contexte plus favorable à la croissance, avec comme corollaire l'amincissement de leur épiderme, ce qui va faciliter la pénétration des maladies ou les piqûres d'insectes suceurs.

Pour ce qui est des maladies, les plantes succulentes sont donc essentiellement victimes de divers champignons, plus rarement de bactéries, qui se développent par temps humide, ou en cas d'arrosage excessif. Une bonne précaution consiste à systématiquement drainer les pots, à ne pas les poser sur une surface étanche et à bien ventiler dès que la température le permet, pour créer une circulation d'air autour des plantes. Le traitement avec des produits phytosanitaires est possible, à condition de savoir identifier la maladie. L'identification exacte de l'agent infectieux n'est pas chose facile. Certains symptômes sont cependant suffisamment caractéristiques pour permettre de nommer le genre de champignons ou de bactéries à l'origine du problème. La reconnaissance de l'espèce, par contre, ne peut se faire que par un laboratoire spécialisé. Au niveau de l'amateur, cette démarche ne sera pas nécessaire, les matières actives à la disposition du public étant de toute façon peu nombreuses, le choix du produit de traitement sera vite fait. L'utilisation continue de produits fongicides à titre préventif ne peut être conseillée, au risque d'avoir une accumulation de produits toxiques sur les plantes, sans parler du coût élevé. Bien que les fongicides soient plus efficaces à titre préventif que curatif, il faut surveiller sa collection et traiter dès qu'un problème survient, ou en cas de temps très favorable aux maladies, par exemple en automne quand il pleut beaucoup. En cas de doute, consultez une entreprise spécialisée dans le diagnostic ou votre distributeur local de produits phytosanitaires en amenant un échantillon des végétaux atteints.

La pourriture des racines est due à des champignons appartenant aux genres Pythium, Fusarium et Rhizoctonia. Ce genre d'infection, non détectée à temps, peut se propager à toute la plante et provoquer sa mort. 

Le Pythium debaryanum est connu pour attaquer les semis et les boutures, mais les plantes plus fortes peuvent aussi être atteintes. Typiquement, il s'agit d'une pourriture humide brun orangé qui remonte rapidement des radicelles vers la tige, en provoquant la liquéfaction des plantules. Sur plantes adultes, les racines coupées montrent une couleur orange. Des tâches brun orangé apparaissent près de la base. A noter que les graines peuvent être également contaminées, ce qui peut expliquer un manque de germination.

Le Fusarium oxysporum est un champignon incurable qui pénètre par les racines et remonte lentement dans la plante, pouvant y rester des années dans l'attente de conditions favorables qui vont permettre son expansion finale plus rapide. Au stade latent, des taches de pourriture sèche brun violacé ou blanc rosé peuvent se multiplier vers le haut de la plante. Sur une vue en coupe, on peut voir dans les vaisseaux une couleur orangée. A ce stade, même si la plante semble pousser encore correctement, il n'y a aucun remède. Le champignon envahit toute la plante, progressant de l'intérieur vers l'extérieur. En phase critique, la plante change de couleur, puis diminue de volume et se couvre d'un feutrage rosé par temps humide. Par temps sec, la plante semble se vider petit à petit de l'intérieur en se desséchant. Vue en coupe, on découvre une couleur orangée ou marron et une odeur acre. Les grosses chaleurs sont favorables au développement de ce champignon.

Le Rhizoctonia solanii est à l'origine de la décomposition des racines des Haworthia ou des Aloe, qui prennent alors une couleur rouge due au manque de sève. Il peut aussi s'attaquer aux jeunes Cactées, provoquant une pourriture du collet marron et leur mort rapide par dessèchement. C'est une maladie qui se rencontre surtout par temps très chaud.

Comme traitement préventif à ces maladies, on peut conseiller de désinfecter le sol avant plantation à la chaleur, d'utiliser un terreau et un engrais plus pauvres en azote, d'augmenter le drainage, d'arroser moins, de mélanger de la poudre de charbon de bois au substrat (5%), ou d'arroser la terre avec un fongicide étudié pour le traitement du sol, à base de sulfate double d’oxyquinoléine et de potassium ("Cryptonol") ou de thiophanate-methyl ("Topsin"). En cas d'attaque légère sur racines seulement, le traitement curatif consistera à couper toutes les racines atteintes et à  faire sécher une ou deux semaines avant de replanter dans un sol neuf. En cas d'attaques plus graves, bouturer le haut de la plante, en s’assurant qu’il ne reste pas de points noirs ou orangés sur la tranche, puis saupoudrer la plaie de poudre de charbon de bois pour la cicatriser plus vite. Les boutures doivent sécher au chaud plusieurs semaines avant d'être replantées. L’enracinement prendra de quelques jours à quelques mois, selon la taille de la bouture et l’espèce. On les arrosera très peu au début, sous peine de faire pourrir les racines naissantes. Dans le premier arrosage, incorporez du "Cryptonol". Malgré tout, il faut signaler que les plantes atteintes par ce type de maladies sont très difficiles à récupérer, le champignon gagnant très vite le haut de la plante.

La "pourriture noire du collet" ou "Mildiou des Cactées" est due au Phytophthora cactorum. Dans sa phase la plus visible, elle se traduit par un noircissement, puis par un ramollissement de la base de la plante, qui se transforme rapidement en bouillie marron. Il peut arriver par temps sec que la maladie s'arrête toute seule, laissant place à des zones nécrosées noires qui se détachent à la longue. Au départ, elle se situe souvent dans les racines, décomposées par une pourriture noire, mais il arrive que la maladie démarre directement au collet, plus rarement dans les parties supérieures, en cas d'éclaboussures avec de l'eau contaminée par les spores. Le traitement est similaire à celui des précédentes maladies. Pour le traitement détaillé des plantes pourries, consultez notre COURS PRATIQUE N°1. Certains fongicides sont utilisables en arrosages à titre préventif, à base de propamocarbe ("Previcur", "Proplant") ou de phosetyl-aluminium ("Aliette"). Cette maladie peut aussi attaquer les Euphorbia.

Plante atteinte par le Phytophthora cactorum,
pourriture noire du collet.
Coupe transversale de la même plante.

La maladie due à la bactérie Erwinia carotovora peut être confondue avec celle provoquée par le Phytophthora cactorum. La pourriture commence au collet, prend une consistance très visqueuse et dégage une forte odeur de poisson pourri. Le haut de la plante est jaune avant de pourrir. Il n'existe aucun traitement chimique pour cette maladie. Mieux vaut jeter la plante immédiatement pour ne pas contaminer le reste de la collection.

Les maladies des parties aériennes, à l'origine de diverses taches brunes, orange ou noires, sont dues à divers champignons, appartenant aux genres Helminthosporium, Alternaria, Cladosporium, Colletotrichum, Gloeosporium, Peronospora ... Ils ne provoquent que rarement la perte des plantes atteintes, mais les rendent généralement invendables.

Taches diverses dues à des maladies non identifiées sur Opuntia pilifera et aciculata.

L'Alternaria se développe par temps frais et humide, provoquant des petites taches noires circulaires. On le rencontre sur les Cactées, sur le feuillage des Pachypodium , sur le tronc des Euphorbia erythraea ou sur les Asclépiadacées (Stapelia, Huernia...).

L'Anthracnose des agaves est due au Colletotrichum gloeosporioides. Elle apparaît fréquemment en automne sur les agaves cultivés en plein air, quand le temps devient très humide, à partir des feuilles les plus basses. Pendant l'hiver la maladie monte vers le coeur de la plante. Les feuilles les plus atteintes doivent être coupées au printemps. L'anthracnose peut aussi se rencontrer sur les Cactées plantées en rocaille.

Le Phoma ou Conothyrium s'attaque essentiellement aux yuccas, parfois aux Euphorbia. Des taches elliptiques noires placées dans le sens des nervures peuvent être présentes en grand nombre mais ne forment pas de plaques informes comme l'anthracnose sur les agaves.

Le Mildiou (Plasmospora viticola) s'attaque principalement aux Euphorbiacées et Asclépiadacées cultivées en serre, par temps frais et humide. Le sommet des tiges se couvre d'un léger feutrage blanc qui laisse place à des plaques brunes.

La "maladie de la croûte" est due au Diplobotryia sp. Les Cactées cultivées dans de mauvaises conditions d'aération voient leur base se recouvrir d'une croûte brun clair finement craquelée, qui remonte lentement vers le sommet. A ne pas confondre avec le vieillissement naturel des plantes, qui provoque la transformation de la base des tiges en liège brun clair ou marron non craquelé, et ne remonte jamais aussi haut que la croûte.

L'Helminthosporium cactivorum  est un champignon très destructeur et très contagieux, probablement le plus dangereux dans une culture, car il se développe très rapidement en détruisant le sommet des plantes. Les genres Echinocereus, Eriosyce et Echinopsis (y compris Lobivia et Trichocereus) sont très sensibles, ainsi que les Cereus monstruosus.

Helminthosporium cactivorum (=Dreschlera cactivora) sur Echinopsis et Echinocereus. Pourriture noire démarrant au sommet, par temps chaud et humide, détruisant les petites plantes en quelques jours seulement. 
Anthracnose sur Agave americana. Taches circulaires noires avec un anneau plus clair, s'étendant à toute la feuille pour former des taches importantes de pourriture marron. Maladie hivernale s'arrêtant par temps chaud et sec.


Rouille sur Ferocactus latispinus. Taches brun orangé pouvant former à la longue des plaques marron. Maladie liée à une forte humidité.
Phoma sur Yucca gloriosa. Taches elliptiques noires par temps froid et humide.

Toutes ces maladies se traitent avec des pulvérisations de fongicides polyvalents, à base de mancozèbe ("Dithane", "Gana", "Remiltine S Pepite") ou d'iprodione ("Rovral Aqua Flo"). Les traitements aux  sels de cuivre (bouillie bordelaise, sulfate de cuivre) ont un effet préventif sur de nombreuses maladies cryptogamiques et bactériennes. Evitez de blesser l'épiderme des plantes lors des manipulations, car les plaies constituent les points d'entrée de ces champignons. Les fleurs épanouies ou les cicatrices laissées par la chute des fleurs sont également une source de contamination très fréquente. N'arrosez pas les plantes par dessus en saison favorable aux maladies. Mouillez-les plutôt au pied.

La "rouille" se rencontre chez certaines espèces comme Ferocactus latispinus, Gymnocalycium, Crassula perfoliata... Il s'agit de petites taches de couleur rappelant la rouille, aux bords plus clairs, qui recouvrent lentement le sommet des plantes. On traite avec du mancozèbe, du propiconazole ou du myclobutanil ("Gana", "Systhane").

Le Botrytis cinerea est le champignon responsable de la maladie de la toile des semis. On le reconnaît à la présence de filaments gris sur le sol et sur les plantules. La "pourriture grise" attaque parfois les Cactées et les Crassulacées adultes lorsque l'ambiance est chaude et très humide. La présence d'une pourriture visqueuse et d'une abondante poudre noire est caractéristique de cette maladie à son stade extrême. Le meilleur remède reste l'aération et le séchage rapide des plantes, car il n'y a pas de matière active très efficace dans les produits homologués pour les jardins d'amateurs 

Le Botrytis ne doit pas être confondu avec la fumagine, qui est due à un champignon inoffensif, qui recouvre les épines ou l'épiderme d'une fine épaisseur de poussière noire. Son développement est généralement lié à la présence de parasites animaux comme les pucerons ou les cochenilles, car la fumagine se nourrit du miellat, c'est à dire des déjections sucrées des ces insectes en conditions humides. Les Ferocactus ont des glandes nectarifères qui encouragent également la fumagine à se propager sur leurs épines. Il n'y a pas de traitement chimique particulier contre cette affection. Traiter les insectes parasites pour éliminer leurs déjections. Il est possible de nettoyer les plantes avec un pinceau et de l'eau savonneuse, puis de les rincer. 

Botrytis cinerea sur Echeveria laui
Pourriture des feuilles par temps chaud et humide, suivie de l'apparition d'une abondante poudre noire.
Fumagine sur épines de Ferocactus recurvus.
Rincer les plantes quand des gouttes de nectar apparaissent sur les aréoles. Placer les plantes en atmosphère plus sèche et plus aérée.

 

Quant aux parasites animaux, les principaux ennemis des plantes succulentes sont les cochenilles. 

La véritable cochenille ou kermès se présente sous forme de petites carapaces blanches ou brunes fixées sur l'épiderme. Elle apprécie particulièrement les Opuntia, les Cereus, les Astrophytum, les Ferocactus, les Mammillaria et les Echinocereus. Elle peut recouvrir de façon très spectaculaire les plantes, mais c'est un insecte peu mobile, qui reste longtemps sur la même plante avant de passer à une autre. En cas d'attaque, une bonne précaution consistera donc dans un premier temps à isoler les sujets atteints. 

La cochenille farineuse est un insecte plus mobile, au corps cireux, et qui pullule dans les endroits les plus inaccessibles. On la détecte facilement grâce à la présence de nids cotonneux. 

Pour éliminer ces insectes, on doit nettoyer les plantes avec un petit pinceau-brosse à poils courts ou un pistolet d'arrosage assez puissant, puis traiter avec une pulvérisation de produit anti-cochenilles.

Cochenilles (Diaspis echinocacti) sur Myrtillocactus geometrizans. Pullulation de petites carapaces blanches sur l'épiderme
Cochenilles (Diaspis echinocacti) sur Ferocactus wislizenii

 

 

Cochenilles farineuses (Pseudococcus sp.) sur Mammillaria grahamii. Masses cotonneuses blanches
Cochenilles (Diaspis echinocacti) sur Astrophytum ornatum

 

Les spécialités courantes à base de malathion et d’huiles minérales ("Anti-cochenilles") sont utilisables en automne et en hiver sur Cactées , mais pas sur toutes les plantes grasses, Crassulacées notamment, qui sont sensibles à ces matières actives huileuses. On évitera de traiter les espèces farineuses (comme Echeveria desmetiana et laui) ou à épiderme couvert de cire (Myrtillocactus geometrizans, Pilosocereus pachycladus), sous peine de voir disparaître leur couche superficielle, et on utilisera la dose recommandée la plus faible.

On peut préférer, pour ces variétés, des produits non huileux, à base de bifenthrine ("Polysect", "Kiros", "Talstar"), de pyrèthrines et d'extraits végétaux ("Insecticide pour plantes") ou de roténone ("Insecticide végétal"). Mais ces produits, très actifs sur les larves, sont généralement moins efficaces sur les cochenilles adultes.

Les poux des racines sont des cousins des cochenilles et des pucerons. Ils s'installent dans les racines des plantes succulentes, surtout pendant la période de repos où la terre est sèche. Les plantes qui les attirent en premier sont les Echinocereus, les Aeonium, les Senecio, les Asclépiadacées (Stapelia, Caralluma, Huernia), et les Aloe. Le traitement consiste à enterrer des granulés pour le traitement du sol à base de carbofuran ("Solinvil", "Curater") ou de diazinon, une ou deux fois par an. En cas de forte invasion, il faut nettoyer les racines au pinceau, les laver et changer de terre.

Les pucerons, petits insectes collants noirs ou blancs, peuvent commettre des dégâts importants sur certaines plantes grasses comme les aloès ou les Haworthia, dont ils dévorent le coeur, ainsi que sur les fleurs des Crassulacées. Heureusement, on les combat facilement avec de nombreux insecticides polyvalents à base d'extraits végétaux, de bifenthrine ou de deltaméthrine ("Decis") en répétant toutefois le traitement à une semaine d'intervalle et en évitant d’utiliser constamment la même matière active, sous peine de voir apparaître des souches résistantes.

Signalons qu'une matière active, l'imidaclopride ("Pucerons systémique Bayer", "Confidor", "Polyaxe"), se révèle extrêmement efficace sur pucerons, cochenilles farineuses et poux des racines grâce à son mode de fonctionnement dit "systémique", qui permet au produit de traverser l'épiderme et de circuler dans la sève de la plante, alors que les produits ordinaires ont un effet de choc limité à l'épiderme et ne pénètrent pas dans la plante. L'imidaclopride, non classée au tableau des produits toxiques ou nocifs, est actuellement homologuée en jardins d'amateurs sur rosiers et vergers contre les pucerons. Son utilisation sur cactus contre les cochenilles se fait donc sous votre entière responsabilité.

Les acariens ( tétranyques tisserands, araignées rouges...) sont de minuscules parasites qui prolifèrent en atmosphère chaude et sèche. Ils occasionnent des décolorations brunâtres des extrémités des plantes. Les attaques peuvent aller jusqu'à la destruction du bourgeon terminal chez les Cactées et à la disparition des feuilles chez les Mésembryanthémacées. Les Cactées qui les attirent en premier sont les Echinopsis chamaecereus (= Chamaecereus silvestii ), les Coryphantha, les Rebutia, les Lophophora. Parmi les succulentes, Pleiospilos, Pachypodium, Adenium sont leurs genres préférés.

Contre les acariens, le remède préventif consiste à vaporiser souvent de l'eau sur les plantes par temps très sec, à bien ventiler et à ne pas donner trop d’azote. En cas d'attaque déclarée, mettre si possible les plantes à l'extérieur pour chasser les parasites. On peut pulvériser de temps en temps un produit spécial "araignées rouges" à base de dicofol.  Les insecticides utilisés contre les cochenilles et les pucerons sont peu efficaces, ils peuvent même stimuler le développement des acariens.

Piqures de Tetranychus urticae.
Coloration brun clair de l'épiderme par temps chaud et sec

Les thrips de Californie constituent le nouveau fléau des Cactées pour les entreprises de multiplication. Petits insectes étroits et allongés, s'attaquant à presque tous les végétaux, ils se reproduisent très vite quand il fait chaud. Quasi invisibles dans la journée, les larves et les adultes piquent le sommet des plantes les plus tendres pour pomper la sève ou pour injecter leurs oeufs. Le résultat ne se voit que quelques jours plus tard. Les parties piquées virent au blanc, puis au brun et parfois des pourritures noires s'installent. Les jeunes plantes des genres Lobivia, Echinopsis, Trichocereus, Stetsonia, Ferocactus, Eriosyce, Copiapoa, sont particulièrement attirants pour ce parasite. A titre préventif, on peut suspendre dans la serre des panneaux englués de couleur bleue, qui attirent les adultes volants. La lutte biologique étant difficile à mettre en oeuvre chez un particulier, la lutte chimique consistera à traiter toutes les semaines jusqu'à éradication, avec trois insecticides différents en rotation pour éviter l'accoutumance des thrips à une matière active. Les plantes atteintes se remettent difficilement à pousser en produisant plusieurs têtes latérales, parfois après plusieurs années, mais pour les semis ou les repiquages, la moindre attaque est généralement fatale et se solde par la perte des plantes.

Dégâts de thrips sur Ferocactus,
apex complètement détruit, pas de repousse.
Dégâts de thrips sur Oreocereus celsianus,
apex marron et desséché, pas de repousse.
Dégâts de thrips de thrips sur Echinopsis ferox,
apex en partie endommagé, d'où repart difficilement la plante.
Dégâts de thrips sur Trichocereus macrogonus,
sommet très endommagé, d'où repart difficilement la plante.

Les racines des plantes cultivées en pleine terre dans certaines régions aux hivers doux peuvent être contaminées par les nématodes (ou anguillules), sortes de vers microscopiques qui provoquent la thrombose des canaux conducteurs de sève. L'aspect des plantes atteintes est celui d'une plante assoiffée : ridée et jaunâtre. Quand on procède à l'arrachage et à l'examen des racines, on peut voir des nodosités, des galles et des racines décomposées. Ce type de parasite ne peut s'éliminer une fois qu'il est en place dans un terrain. Pour sauver les plantes, il faut couper toutes leurs racines jusqu'au collet, les mettre à sécher un mois ou deux et les faire redémarrer en pot dans de la terre saine, additionnée de granulés insecticides à base de carbofuran. Si vous sortez vos plantes à la belle saison, ne les posez pas par terre si votre jardin est contaminé. Vous risqueriez d'introduire les parasites dans votre serre en automne. Placez-les plutôt sur une terrasse bétonnée ou dallée. Méfiez-vous également des gros sujets proposés à la vente dans les jardineries. Ils proviennent généralement de pépinières de pleine terre situées dans des pays chauds, et risquent fort d'être parasités par les nématodes. Placez les en quarantaine après l'achat et vérifiez l'état des racines avant de les introduire dans votre collection.

Malgré les arrosages, ce Ferocactus herrerae reste ridé et jaunâtre, signe d'un problème de racines.
Une fois arraché, on peut voir sur ses racines des galles, des nodosités et des parties pourries.

Très important : les noms de produits cités en italique sont des substances ou matières actives, ceux entre guillemets sont les noms commerciaux les plus connus en France. Mais on peut trouver, sous d'autres noms commerciaux, des produits grand public aux noms plus ou moins évocateurs et reprenant les mêmes matières actives : lisez bien la composition sur l’étiquette pour savoir si votre produit convient. Attention ! Tous ces produits ne sont utilisables qu'en plein air ou en serre, jamais dans la maison, en respectant bien les prescriptions, dosages et précautions d'emploi indiqués sur l'emballage. Et notamment : protégez-vous, respectez les abeilles, ne traitez pas les plantes en fleur, attendez la fin de la floraison, ne surdosez pas les produits, ne traitez pas sans raison.

En ce qui concerne la réglementation en Europe, tous les produits de traitements phytosanitaires, d'origine chimique ou naturelle, doivent être homologués et disposer d'un numéro d'Autorisation de Mise sur le Marché ou AMM. Pour consulter la liste des produits de traitement autorisés en France, allez sur le site : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/ . Vous y trouverez la liste des usages autorisés pour chaque matière active ou chaque produit commercial, la liste des produits "retirés" (interdits en France), etc.  Par exemple, pour trouver la liste de tous les noms commerciaux correspondant à la bifenthrine, cliquez dans le menu sur "substances", puis sur l'initiale B. Si vous découvrez au fond d'un placard un produit non autorisé en France, ne le jetez pas, vous devez le confier à une entreprise spécialisée dans la collecte des produits dangereux.

Pour identifier avec précision un insecte, rendez-vous sur le site de l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique).

 

LES PLANTATIONS EN PLEINE TERRE

La création d'une rocaille de plantes succulentes nécessite toujours une exposition ensoleillée. Plantez sur un talus, par exemple adossé à un muret, plutôt qu'en terrain plat. Placez de grosses pierres, qui retiendront la terre et emmagasineront la chaleur de la journée. Le sol doit être assez riche et très filtrant. N'incorporez pas de fumier frais, mais seulement une fumure parfaitement décomposée. Les sols trop compacts peuvent être amendés avec de la tourbe, du sable et de la pouzzolane. Il faut penser aussi à désherber soigneusement car plus tard ce sera très difficile. On a intérêt à effectuer toute la préparation du terrain à l'automne.

Les plantations se font au printemps, dès que les risques de gel sont passés. Les arrosages sont nécessaires surtout au printemps et en été, à condition qu'il ne pleuve pas. Un bon apport d'eau par semaine est largement suffisant, mais vos cactus, une fois bien installés, pourront s'en passer. Cependant, si vous souhaitez les voir pousser vite, il vaut mieux les arroser, et les engraisser avec une incorporation d'engrais à libération lente au printemps. Certaines plantes cultivées dans des terrains trop pauvres prennent un aspect un peu jaunâtre en fin d’hiver, et peuvent apprécier un apport d’engrais organique et de fer ("Sequestrène") au printemps, pour faciliter le démarrage.

Il est également très utile d'effectuer des pulvérisations de fongicides pendant l'hiver, ou en cas de fortes pluies, sur les plantes les plus sensibles aux maladies cryptogamiques. Utilisez du mancozèbe ("Dithane", "Gana"), ou de la bouillie bordelaise.

Le désherbage après plantation pourra se faire à la main ou bien avec un désherbant foliaire comme "Roundup", en utilisant un cache et en protégeant les plantes à conserver avec des feuilles de plastique. Sur un sol déjà propre, on peut répandre des granulés de désherbant anti-germination. Pour ce faire, nous utilisons exclusivement "Snapshot" (Vilmorin), d’autres produits pouvant être toxiques pour les succulentes. Plusieurs années d’expériences nous ont montré que ce produit est très efficace et ne perturbe pas la croissance des cactus, même plantés depuis peu de temps. Respectez toutefois les précautions d’emploi ! Il est possible également de pailler le sol avec des galets, du schiste, du gravier ou de la pouzzolane de gros calibre pour limiter la germination des mauvaises herbes. Dans ce cas, il faut compter une épaisseur de plusieurs centimètres pour avoir un effet intéressant.

Le choix des espèces se fera en fonction de la température minimale enregistrée en hiver. La grande majorité des Cactées et des plantes succulentes résiste parfaitement à -4°C sans abri, si le froid ne dure pas longtemps et que l'exposition est favorable. Quelques espèces sont plus résistantes, mais peu supportent l’humidité excessive de nos hivers. Pour une toute petite rocaille, essayez Echinocereus, Escobaria, Echinopsis, quelques petits Opuntia... Dans un grand jardin, plantez des Opuntia, des agaves, des aloès, des Yucca en fond de rocaille. Placez ensuite des Trichocereus, des Cereus, des Cleistocactus, des Oreocereus, des Echinocactus, des Echinocereus. Couvrez enfin le sol avec des Sedum, Sempervivum, Echeveria, Delosperma et Lampranthus.

Pour le reste, vous pouvez tenter des expériences sur la base des températures indiquées dans le descriptif de chaque espèce, si vous habitez dans une région privilégiée. Faites nous part de vos essais. Votre expérience nous permettra d'élargir nos connaissances dans ce domaine, les hivers n'étant pas très rudes à Fréjus !

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